Combat de la Vieuxville

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Combat de la Vieuxville
Informations générales
Date 27 novembre 1795
Lieu Près du Châtellier
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
Chouans Républicains
Commandants
Aimé Picquet du Boisguy Commandant Joré
Forces en présence
1 000 hommes 750 hommes
Pertes
27 morts
60 blessés[1]
49 morts
30 blessés[2]
Chouannerie
Chouannerie dans les pays de Fougères et de Vitré

La Brossinière — Mellé — Saint-Brice-en-Coglès — Les Houlettes — La Touche — Javené — La Selle — 1er La Chapelle-Saint-Aubert — Le Châtellier — La Chène — Argentré — La Bazouge-du-Désert — Pont de Cantache — 1erLa Gravelle — 1erRomagné — 1erRocher de La Piochais — Saint-Jean-sur-Vilaine — 1erLa Bataillère — 2e La Chapelle-Saint-Aubert — 2eLa Bataillère — 1erLa Croix-Avranchin — Carnet — Laignelet — Blanche-Lande — Fleurigné —Pocé — Saint-Marc-le-Blanc — Tremblay — Fougères — 2eLa Gravelle — Dourdain — 1erSaint M'Hervé — La Vieuxville — Bois-Rouland — Boucéel — 1erSaint-James — 2eRocher de La Piochais — 2eLa Croix-Avranchin — Lande d'Izé — 2eRomagné — Romazy — 1erLa Pèlerine — 2eSaint M'Hervé — Bréal — Bais — Cornillé — Juvigné — 2eLa Pèlerine — Saint-Hilaire-des-Landes — Valennes — Toucheneau — Le Bourgneuf — Maison-neuve — Saint-Aubin du Cormier — 2eSaint-James — Les Tombettes

Le Combat de la Vieuxville fut une embuscade tendue par les Chouans aux Républicains, le 27 novembre 1795.

Sommaire

[modifier] Prélude

Pendant l'automne 1795, Joré, commandant des carabiniers était en poste à Fougères et reçut 200 grenadiers en renfort, commandés par le capitaine Hagré. Il fut alors avertit que les patriotes de Saint-Georges-de-Reintembault réclamait des munitions et de vivres. Joré décida de mener lui-même le convoi qui se chargerait du ravitaillement mais il voulut être le seul à fixer le jour et l'heure du départ par crainte des espions. Joré était confiant dans la grande qualité de ses carabiniers qui étaient crains des Chouans, mais il redoutait les embuscades. Ce fut alors qu'il fut prévenu qu'une compagnie de chouans, commandés par Boismartel était au village de la Tendrais, tout près de Parigné. Joré déclara alors publiquement, sur la place de Fougères, qu'il irait l'attaquer pendant la nuit.

Le soir même, Aimé du Boisguy fut prévenu des intentions de Joré, il rassembla sa colonne et arriva sur la Tendrais après avoir envoyé un courrier à Boismartel, lui ordonnant de de s'embusquer en avant du village. Les Chouans restèrent embusqués toute la nuit, attendant une attaque qui n'arriva jamais. Ce ne fut qu'au point du jour que Boisguy fut informé du véritable chemin prit par les Républicains. Joré avait traversé la forêt de Fougères pendant la nuit et se rendait vers Saint Georges de Reintembaut en passant par Louvigné-du-désert. Il était à la tête de 400 carabiniers et de 300 grenadiers. Boisguy sachant qu'il ne pouvait désormais plus le rattraper, résolut de l'attendre sur le chemin du retour. Les Chouans attendirent de nouveau, pendant 24 heures, sans aucune nouvelle, aucun des éclaireurs ne savait désormais, où se trouvaient les Républicains. Boisguy estima alors que ces derniers, prendraient pour revenir à Fougères, la route de Saint-James. Les Chouans se dirigèrent alors à la Vieuville, entre Parigné et Le Châtellier. Toujours sans renseignements, Boisguy chevaucha avec les capitaines Duval, Tuffin et Saint-Gilles. Ce fut en chemin qu'on lui informa de la position des Républicains. Ils étaient à ce moment à La Bataillère, deux chouans qui y vivaient avaient d'ailleurs été capturés et fusillés. Boisguy rejoignit alors ses troupes.

[modifier] La bataille

Les Chouans se portèrent sur la hauteur des Tombettes. Le flanc droit était dirigé par Saint-Gilles, dit Du Guesclin, et par Julien Saulcet, dit Duval. Tuffin de La Rouërie et Michel Larcher-Louvières dit Hoche, s'occupaient du flanc gauche. Renou dit Alexandre et François Poirier dit Sans-Chagrin, étaient chargés du centre. De son côté Boismartel, dit Joli-Cœur, fut chargé de parcourir les terres sur la gauche afin de pouvoir prendre les Républicains de flanc. Boisguy, quant à lui, prit la tête de la cavalerie et partit en reconnaissance. Au bout d'un moment, les cavaliers chouans croisèrent l'avant-garde des Républicains qui était composée de 50 à 60 gardes territoriaux de Saint-Georges. Hors comme les gardes territoriaux ne portaient pas d'uniformes, seulement des cocardes tricolores, les Chouans crurent qu'il s'agissait des leurs. Ils constatèrent leur erreur en subissant une vive décharge, ils prirent alors la fuite pour rejoindre les hommes à pied.

Les Républicains étaient maintenant prévenus de l'attaque et Boisguy jugea que Joré ne tomberait plus dans l'embuscade. Pour ne pas laisser aux Bleus le temps de se réorganiser, les Chouans passèrent à l'attaque, ils chargèrent et culbutèrent sans problème les gardes territoriaux, combattants de piètre qualité. Ces derniers prirent la fuite et causèrent des désordres dans leurs propres lignes. Les chouans se portèrent ensuite sur les carabiniers au moment où ceux-ci étaient en train de s'embusquer, et la fusillade s'engagea. Les carabiniers étaient toutefois presque encore en file et n'avaient pas eu le temps de se déployer. Enveloppés par les Chouans en supériorité numérique, les Républicains étaient dans un espace trop resserré. Joré lança alors deux charges à la baïonnette pour percer les lignes afin de pouvoir gagner Fougères, les deux fois il échoua. Il ordonna alors au capitaine Hagré de s'emparer du Rocher des Bouliers, excellente position, située sur le flanc gauche des Républicains. Hagré et ses grenadiers se lancèrent à l'attaque mais furent repoussés par les deux compagnies de Sans-Chagrin. C'est alors qu'une fusillade éclata sur les derrières des carabiniers. C'était la compagnie de Boismartel qui avait pris les lignes républicaines à revers.

Joré, voyant qu'il était sur le point d'être encerclé, abandonna la grand route et prit position sur un plateau, près du Rochers des Bouliers. Les grenadiers de Hagré le rejoignirent et ils établirent une formation au carré qui tint les Chouans à distance. Ces derniers se mirent alors à couverts. Boisguy réunit alors ses meilleures troupes et s'avança à l'abri d'un fossé qui se prolongeait obliquement jusqu'auprès du plateau. De là, les Chouans lancèrent une charge à courte distance sur le carré des Républicains. Un combat acharné à la baïonnette s'engagea alors. Ce fut Saint-Gilles, dit Du Guesclin, qui parvint à pénétrer dans le carré. Il restait encore deux lignes intactes à Joré, celui-ci décida alors de battre en retraite, Joré se précipita avec ses hommes sur la troupe de Chouans située sur la route de Fougères et réussit une percée. Mais les Républicains étaient talonnés de si près qu'ils ne purent opérer la retraite en bon ordre et se débandèrent. Joré rallia ses troupes aux buttes de Houlettre réorganisa ses hommes et put regagner Fougères pendant la soirée.

La bataille avait durée 7 heures et avait eu lieu tout près de Fougères, pourtant, rien ne fut entendu depuis la ville.

[modifier] Bibliographie

  • Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères, 1989
  • Toussaint Du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand, 1897

[modifier] Note

  1. Chiffres royalistes (T.Pontbriand)
  2. Chiffres républicains