Sionisme chrétien

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Le sionisme chrétien est le nom donné à la croyance d'un certain nombre de chrétiens, en particulier des protestants fondamentalistes, que la création de l'État d'Israël en 1948 est en accord avec les prophéties bibliques, et prépare ainsi le retour de Jésus sur Terre comme Christ triomphant de l'Apocalypse.

Cette croyance se distingue du sionisme juif par son ancrage dans une vision religieuse et non politique du monde. Les sionistes chrétiens sont persuadés que le retour de Jésus provoquera la conversion des Juifs. Ce sionisme se marie donc paradoxalement avec une certaine forme d'antijudaïsme.

Cette croyance se distingue aussi du soutien traditionnel et non-messianique au sionisme de nombreux chrétiens n'ayant pas volonté de convertir les juifs à terme. Il s'agit pour eux d'un engagement moral et politique, et non évangélique.

Le terme « Sionisme chrétien » rassemble donc un ensemble de groupes (généralement fondamentalistes) croyant que la judaïsation de la Palestine historique (Israël + territoires palestiniens) est une obligation divine qui ramènera Jésus sur terre, fera définitivement de lui le Christ ou messie et assurera le triomphe du christianisme lors de l'apocalypse.

Sommaire

[modifier] Fondements bibliques

Les racines du sionisme chrétien se trouvent dans plusieurs livres de la Bible, en particuliers dans les visions apocalyptiques du livre de Daniel, et du livre d'Ézéchiel, ainsi que dans l'Apocalypse du Nouveau Testament. Les visions uniquement spirituelles et poétiques pour la majorité des croyants sont interprétées par ces sionistes chrétiens en réalité géopolitique.

Comme tous les protestants, ces fondamentalistes accordent une grande importance à l'Ancien Testament mais en font une lecture littéraliste. Ils n'admettent pas la critique historique des textes qu'ils lisent, textes qu'ils interprètent dans une perspective messianique et apocalyptique. Pour eux, les évènements historiques sont à lire suivant un scénario qui mène à la fin des temps et à la rédemption, sur lesquelles le courant protestant majoritaire n'insiste pas.

[modifier] Développements historiques

Le sionisme chrétien apparaît au XVIIe siècle au sein du mouvement puritain. Oliver Cromwell est le premier chef d'État à réclamer la création de l'État d'Israël. Il sera suivi par une longue lignée d'hommes politiques anglais qui du Premier ministre Benjamin Disraeli (intervention à la conférence de Berlin) au Premier ministre David Lloyd George (Déclaration Balfour) feront de cette création un objectif de la Couronne britannique. Cette conception est reprise aux États-Unis par les présidents Woodrow Wilson et Harry Truman.

Dans les milieux évangéliques et fondamentalistes du protestantisme anglais et américain, se développe peu à peu l'idée que pour hâter le retour de Jésus sur Terre, et donc le Jugement dernier, il faut qu'un certains nombres d'actes annoncés dans les Écritures s'accomplissent. Parmi eux, le rassemblement en vue de leur conversion de tout les Juifs en Terre Sainte, et particulièrement à Jérusalem.

Pour un certain nombre d'entre eux, la renaissance de l'État d'Israël en 1948 est le premier acte du processus menant à la Fin des Temps. Cette croyance a des implications bien concrètes, puisqu'elle est le principal ressort du soutien de la droite chrétienne américaine à Israël et plus encore aux colonies israéliennes dans les territoires occupés après la guerre de 1967.

Selon Albert de Pury, professeur à la faculté de théologie de l'université de Genève. « Dès le XIXe siècle, ils s'engagent, des années avant les sionistes juifs, pour la création d'un État d'Israël en Palestine. Ils sont certes émus par les souffrances du peuple juif, s'élèvent contre l'antijudaïsme chrétien, mais voient surtout dans ce futur État la réinstauration de l'ancien Israël annoncée par des prophéties bibliques. Un homme politique britannique comme Lord Balfour (sa Déclaration de 1917 prévoit l'établissement d'un foyer national juif en Palestine) appartenait à ce courant protestant ». « Ces mouvements n'ont aucune idée de ce que sont les églises d'Orient. On peut même parler de mépris. Cela crée des tensions au sein du protestantisme dont le courant majoritaire s'engage pour la création d'un État palestinien et une paix juste au Proche-Orient. Ces militants messianiques n'ont aucune notion des enjeux politiques réels sur le terrain. Pour eux, seule compte leur vision biblique qui les conduit à soutenir les positions israéliennes les plus extrémistes ».

Ainsi, la décision du gouvernement d'Ariel Sharon de se retirer de la Bande de Gaza en 2005 a été très mal perçue par ces milieux, qui y voient la destruction d'un projet devant permettre le retour de Jésus-Christ. Un des pasteurs connu de la droite religieuse américaine (Pat Robertson) a ainsi sous-entendu le 6 janvier 2006 dans son émission The 700 Club sur Christian Broadcasting Network (CBN) que l'accident vasculaire cérébral d'Ariel Sharon était une vengeance divine contre le retrait de Gaza : « Dieu éprouve de l'hostilité à l'égard de ceux qui divisent Sa terre [...] Et à chaque Premier ministre d'Israël qui décide de la découper et d'y renoncer, Dieu dit: "Non, ceci est Mien". Ariel Sharon divisait la terre de Dieu ». Déclaration qui semble aussi interpréter l'assassinat de Yitzhak Rabin comme une punition divine.

Cette attitude explique que les sionistes chrétiens soient aux États-Unis (le pays d'origine du mouvement avec l'Angleterre) hostiles à toute intervention américaine en faveur de négociations israélo-palestiniennes. Ils influencent dans ce sens certains députés ou sénateurs républicains. L'attitude assez « abstentionniste » de l'administration républicaine lors de la Seconde Intifada leur a parfois été partiellement attribuée.

Plaque commémorant l'arrivée de sionistes chrétiens américains à Jaffa en 1866
Plaque commémorant l'arrivée de sionistes chrétiens américains à Jaffa en 1866

[modifier] Relations entre chrétiens sionistes et sionistes juifs

Bien que l'objectif des « sionistes chrétiens » ne soit pas le même que celui des juifs sionistes (puisqu'il implique à terme la conversion de ces derniers), ce courant de pensée représente un soutien fervent aux sionistes religieux les plus radicaux pour la fondation du “Grand Israël” (Israël dans ses frontières bibliques, incluant les territoires palestiniens, voire au-delà[1]).

A la fin du XXe siècle, apparaît parmi certains sionistes chrétiens (mais pas la majorité) la théologie de la « double alliance » : Dieu aurait conclu l'Ancien Testament avec les juifs et le Nouveau Testament avec les chrétiens, de sorte que les uns et les autres seraient sauvés à la fin des temps sans que les juifs aient à se convertir au christianisme.

[modifier] Position d'autres Églises chrétiennes

L'Église catholique, l'Église orthodoxe, l'Église épiscopale, et l'Église évangélique luthérienne, par la voix de leurs responsables locaux, ont publié le 22 août 2006 un document œcuménique, la « Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien[2] » rejetant cette doctrine : « Le sionisme chrétien est un mouvement politique théologique moderne qui adopte les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, nuisant ainsi à l’établissement d’une paix juste entre la Palestine et Israël. [...] Dans sa forme extrême, il met l’accent sur des évènements apocalyptiques conduisant à la fin de l’histoire plutôt qu’au vécu actuel de l’amour du Christ et de la justice ».

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

  1. La Bible donne plusieurs définitions de la « terre promise ». Selon les plus larges, celle-ci va « du fleuve de l’Euphrate jusqu’à la mer occidentale » (de l'Irak actuel à la Méditerranée - Deutéronome 11:24), voir « depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate » (De l'Égypte à l'irak actuel - Genèse 15-18). Certains groupes radicaux marginaux ont donc une vision maximaliste, revendiquant la Jordanie ou au-delà.
  2. Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien.