Boris Godounov (opéra)

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Boris Godounov (Бори́с Годуно́в) est un opéra de Modeste Moussorgski sur un livret russe du compositeur, basé sur le drame du même nom d’Alexandre Pouchkine et sur l’Histoire de l’État russe de Karamzine .

La musique est écrite dans un style russe qui reflète la connaissance qu'avait le compositeur de la Musique populaire russe et qui rejette volontairement l'influence de l'opéra allemand et italien. Pouchkine a basé sa pièce sur le personnage historique de Boris Godounov et s'est inspiré d'Hamlet de Shakespeare. Dans la pièce (qui n'est pas fidèle à l'Histoire) Boris devient tsar après avoir sauvagement tué l'enfant Dmitri, l'héritier légitime. Bien que Boris soit un gouvernant humain, le pays sombre dans le chaos et la pauvreté. Un jeune moine vagabond, Grigori, se fait passer pour Dmitri et réussit à épouser Marina, une femme noble originaire de Pologne qui déguise sa volonté de puissance en amour passionné. Après avoir convaincu le roi de Pologne de sa légitimité, le faux Dmitri convainc les Polonais d'envahir la Russie. Boris, frappé de culpabilité et hanté par des hallucinations, tombe dans la folie et meurt.

L'œuvre de Moussorgsky existe dans deux versions authentiques : la version originale de 1869 (7 scènes) qui n'a jamais été donnée pour la première fois en 1928 et une version fortement révisée de 1872(en un prologue et 4 actes) créée le 8 février 1874 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. La « deuxième version » inclut des éléments nouveaux qui ne trouvent pas leur origine chez Pouchkine, donne une représentation quelque peu différente de Boris Godounov devenu tsar prend en compte habilement le besoin conventionnel d'un certain « intérêt d'amour ». L'enregistrement de 1997 à l'Opéra de Kirov inclut les deux versions avec différents chanteurs dans le rôle de Boris.

À la mort de Dostoïevski, le 28 janvier 1881, Moussorgsky bouleversé improvisera une marche funèbre à partir des thèmes de son Boris. Lui-même mourra deux mois plus tard.

Après la mort de Moussorgsky, l'opéra a été largement édité et deux fois re-orchestré (1896 et 1908) par le grand ami du compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov ; ces versions plus raffinées et par convention plus « efficaces » ont maintenu l'œuvre vivante pendant plusieurs décennies ; ce sont elles qui sont habituellement exécutées aujourd'hui en Russie. À l'ouest, cependant, les originaux « moins polis » de Mussorgsky sont récemment devenus plus populaires, avec leurs couleurs foncées et leurs bords rugueux qui sont ressentis comme étant plus en phase avec l'histoire. L'opéra a été également orchestré par Dmitri Chostakovitch en 1959.

Sommaire

[modifier] Distribution

  • Boris Godounov (basse) - Tsar de Russie. Il est arrivé au trône en assassinant le jeune fils d’Ivan le terrible ; cependant, il se sent coupable et gêné de son succès.
  • Xenia (soprano) - La charmante jeune fille de Boris
  • Fyodor (mezzo-soprano) - Le jeune fils de Boris, héritier du trône de son père.
  • La nourrice (contralto) - Elle prend soin de Fyodor et Xenia, les enfants royaux.
  • Le prince Vassili Shuysky (ténor) - Un prince astucieux. C’est un des conseillers les plus puissants du tsar qui n’a pas confiance en lui.
  • Grigori (ténor) - Un moine fugitif qui se fait passer pour Dmitri, le tsarévitch (le fils du tsar) qui a été assassiné.
  • Simpleton (ténor) - Un sacré fou, la coutume russe lui permet d’exprimer ses idées sans aucune crainte de châtiment.
  • Andrei Shchelkalov (baryton) - Clerc du conseil boyard.
  • Pimen (basse) - Un vieux moine. Il a été témoin du meurtre du tsarévitch Dmitri.
  • Marina Mniszek (soprano) - Une ambitieuse princesse Polonaise qui espère conquérir le trône de Russie en épousant le faux Dmitri.
  • Rangoni (basse) - Une connaissance jésuite de Marina Mniszek.
  • Varlam (basse) - Un moine vagabond.
  • Missail (ténor) - Un moine vagabond.
  • L’aubergiste (soprano) - La gardienne d’une auberge de province située près de la frontière Lituanienne.
  • Krushchyov (ténor) - Un boyard.
  • Lavitsky (basse) - Jésuite.
  • Chernikovsky (basse) - Jésuite
  • Peuple, pèlerins, boyards, gardes, moines, vagabonds, enfants - chœur mixte

[modifier] La version de 1869

La version de 1869 comporte 7 scènes :

  • Novodievitchi : Dans le monastère où il fait retraite, Boris refuse la couronne de tsar que la foule, manœuvrée par les boyards et la police, le supplie d’accepter.
  • Place des Cathédrales : Sous les acclamations du peuple, Boris est couronné tsar.
  • Le couvent de Tchoudovo : Pendant que le moine Pimen rédige une chronique historique, Grigori s’éveille et exprime ses ambitions et ses rêves fous.
  • Une auberge à la frontière lituanienne : La police recherche Grigori, échappé du couvent de Tchoudovo et qui se trouve ici en compagnie de deux moines vagabonds et ivrognes. Avec l’aide de l’hôtesse, il s’échappe.
  • Palais du Kremlin (appartements du tsar) : Boris est en famille avec Xenia et Fedor. Chouïski lui annonce l’entreprise de Grigori, ce qui provoque chez Boris la remontée de ses remords et de ses angoisses.
  • Le parvis de la cathédrale Saint-Basile : Au milieu d’une foule qui crie misère, rencontre entre Boris et un innocent (Iourodivi) qui chante sa solitude et son désespoir.
  • La Douma : Les boyards, convoqués par Boris, tiennent une assemblée mouvementée, habilement contrôlée par Chouïski. Boris, au comble de l’angoisse après un récit de Pimen, fait ses adieux et meurt.

[modifier] Principaux arias et extraits

  • Scène du couronnement. "Longue vie au tsar Boris Feodorovich!" (Le peuple)
  • Monologue: "Mon âme est triste" (Boris)
  • Aria: "Encore un dernier conte " (Pimen)
  • Chant: "J'ai attrapé un canard " (Hôtesse, Varlaam, Missail)
  • Chant: "Cela est arrivé dans la ville de Kazan" (Varlaam)
  • Aria: "Où est tu mon jeune époux" (Kseniya)
  • Chant: "Chant du moucheron" (Fyodor, la nourrice)
  • Duet: "Un chant de ceci et celà" (Fyodor, la nourrice)
  • Monologue: "J'ai atteint le pouvoir suprême" (Boris)
  • Chant: "Chant du perroquet" (Fyodor)
  • Scène du reveil (ou de l'hallucination) (Boris)
  • Chorus: "Vers la Vistule" (Jeunes filles)
  • Aria: "Marina s'ennuie" (Marina)
  • Polonaise (Marina, nobles polonais)
  • Duet: "O Tsarevich, je t'implore" (Marina, Dmitri)
  • Aria: "Adieu, mon fils, je meurs" (Boris)
  • Chant: "Coulez, coulez, larmes amères!" (Yurodivy)

[modifier] Liens externes

[modifier] Source

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Boris Godunov (opera) ».