Johannes Tinctoris

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Johannes Tinctoris (né en 1435, décédé en 1511) était un compositeur qu'il ne faut considérer comme flamand qu'en raison de l'appellation École franco-flamande. Ce musicien que l'on peut donc qualifier de Wallon est un théoricien de la musique de la Renaissance. Léopold Genicot aime à souligner qu'il a inauguré l'art de comprendre la musique :

«  nous revoilà dans la musique, qui demeurait le grand art wallon. Les Hainuyers continuèrent à en commander l'évolution aussi longtemps que la polyphonie garda la faveur. Dufay l'avait dotée de la messe unitaire, bâtie sur un seul thème. Tinctoris, chanoine de Nivelles, lui consacra douze traités, dont le Terminorum musicae definitiorum, ancêtre des dictionnaires musicaux. [1]  »

Il est avéré qu'il a fait ses études à Orléans, en étant maître de chaire. Il fut aussi probablement maître de chaire à Chartres. Comme il fut employé à la cathédrale de Cambrai durant quatre mois (en 1460), on a spéculé sur le fait qu'il ait étudié avec Guillaume Dufay, qui passa la dernière partie de sa vie dans cette ville. Même si ces spéculations sont difficilement vérifiables, il est à peu près certain que Tinctoris rencontra le doyen de l'école bourguignonne. Tinctoris partit à Naples en 1472. Il passa une grande partie de la fin de sa vie en Italie.

Sommaire

[modifier] Également un musicologue

Tinctoris écrivit de nombreux ouvrages consacrés à l'écriture de la musique. Même si ses travaux ne brillent pas par leur originalité (Tinctoris s'inspire fortement d'écrivains l'ayant précédé, comme Boethius, Isidore de Séville ou d'autres), ils nous dressent un instantané très détaillé des techniques et des procédures utilisées par les compositeurs de l'époque. Il écrivit le premier dictionnaire des termes musicaux (Diffinitorium musices); un ouvrage sur les caractéristiques des modes de musique; ainsi qu'un traité sur les proportions; et un livre consacré au contrepoint, particulièrement utile durant cette période charnière entre Guillaume Dufay et Josquin Des Prés, où se développent les contrepoints internes (voice leading en anglais) et les harmonies. Voici comment Robert Wangermée explicite la position de Tinctoris à la fois comme musicien et théoricien:

«  Johannes Tinctoris (originaire de Nivelles) qui vivait à la cour du Roi Ferdinand d'Aragon à Naples [...] a rédigé d'importants traités de "musique pratique" [...] Aux XVe et XVIe siècles, toutes les compositions musicales ont été régies par les lois du contrepoint, mais celles-ci ont connu des variantes selon les époques. Pour Ockeghem et Tinctoris, le contrepoint était une écriture essentiellement horizontale où chacune des voix était perçue comme indépendante des autres.[2] »

Les écrits de Tinctoris influencèrent les compositeurs et les autres théoriciens de la musique de la Renaissance. Comme la plupart des intellectuels de la Renaissance, Tinctoris s'intéressait à tous les domaines de la connaissance. Il était connu comme clerc, poète, mathématicien, et comme homme de loi ; une source le décrit même comme un peintre accompli.

[modifier] Écrits

  • Le premier dictionnaire des termes musicaux (Diffinitorum musices).
  • Un exposé sur la notation rythmique et sur la hauteur (Exposito manus and Proportionale musices).
  • Une présentation détaillée du système modal (Liber de natura et proprietate tonorum).
  • Liber de art contrapuncti – Sa présentation majeure concernant les intervalles, la consonance et la dissonance.
  • Il consacra une large étude consacrée à l'origine de la musique, ses évolutions, ses racines et ses ramifications à la fois théologiques et métaphysiques, en s'attardant sur la pratique instrumentale et vocale. (De inventione et usu musice).

[modifier] Références et lectures complémentaires

  • (en) Heinrich Hüschen, art. "Johannes Tinctoris," in The New Grove Dictionary of Music and Musicians, ed. Stanley Sadie. 20 volumes, Macmillan Publishers Ltd., Londres, 1980. ISBN 1-56159-174-2
  • (en) Gustave Reese, art. Music in the Renaissance, W.W. Norton & Co., New York, 1954. ISBN 0-393-09530-4

[modifier] Liens externes

- Bibliographie consacrée à Johannes Tinctoris
- L'association sans but lucratif (ASBL) (sise à Liège), Musique en Wallonie le considère comme un des représentants wallons les plus intéressants de cette musique de la renaissance qui allait si profondément influencer l'Europe ultérieurement. Elle propose de faire connaissance avec son œuvre .

[modifier] Notes

  1. Léopold Genicot, Racines d'espérance. Vingt siècles en Wallonie, par les textes, les images et les cartes, Didier-Hatier, Bruxelles, 1984 p. 136 [ISBN 2-87088-581-4]
  2. Robert Wangermée [1]