Jorge Zaydan

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Jorge Zaydan ou Jirjî Zaydân (1861 à Beyrouth - 1914) est un écrivain libanais chrétien.

[modifier] L'auteur

Après des études en médecine, puis en pharmacie, il quitte son pays natal pour l’Égypte. Nourrissant une passion pour la science et la littérature, il devient rédacteur du journal الزمان (Azamman) puis traducteur pour les services secrets. En 1892, il crée au Caire la revue «الهلال » (al-Hilâl) qui deviendra l'une des plus grandes revues et maisons d'édition qu'il dirige pendant 20 ans jusqu’à sa mort en 1914.

Les nombreuses œuvres de Jorge Zaydan concernent l’histoire « تاريخ مصر الحديث», la géographie «تاريخ التمدن الإسلامي », la littérature « تراجم مشاهير الشرق » et la linguistique « تاريخ آداب اللغة العربية».

Cet auteur de la Nahda, amoureux de la langue arabe et de la science, a su combiner ses deux passions pour apporter un genre nouveau dans l’historiographie scientifique moderne et l’histoire de la culture arabe. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui ses œuvres servent d’ouvrages de référence pour les chercheurs du domaine.

Le but de Zaydan est d’enseigner à ses lecteurs, jugés peu instruits, l’histoire des Arabes, tout en les amusant. Il se sert ainsi du roman, forme empruntée dans une certaine mesure à l’Occident.

Il choisit soigneusement des périodes de troubles qui amènent deux forces adverses à la confrontation. Il introduit alors de hauts faits d’aventures et d’histoires d’amour contrariées se terminant généralement par une fin heureuse.

Il fait défiler devant les lecteurs d’al Hilal, les différents chapitres de l’histoire arabe allant de la prise de pouvoir par les Omeyyades, jusqu’aux Mamelouks en passant par la conquête de l’Andalousie ou encore la bataille de Poitiers.

[modifier] L’apport de l’auteur dans la littérature et pensée de la Nahda

Zaydan définit des idéaux, communique une morale et instruit en amusant. Le religieux inspire le Roman et le roman couvre d’humanité, le sacré. Tel a été le défi de Zaydan.

Cependant, la réécriture du roman s’accompagne de techniques d’écriture nouvelles, empruntées ou modifiées.

Ainsi, on recherche une expression fluide et facile accessible à tous. L’expression doit être dénuée de toute préciosité de façon à ce que la forme soit l'équivalent du contenu. Par ailleurs, il n’hésite pas à illustrer l’ouvrage par des dessins et ajouter des voyelles brèves quand nécessaire. La ponctuation étudiée de ses œuvres s’inscrit dans une dynamique de mouvements et ajoute du suspense. Ce qui a pour valeur de séduire le lecteur.

En outre, Zaydan adopte un cheminement scientifique qui permet plus de clarté. En effet, il répartit les thèmes traités de façon logique, en parties harmonieuses, parfaitement enchaînées et bien cohérentes. Aussi, il divise les sujets traités en chapitres et parties en leur donnant des titres clairs et en variant les caractères typographiques en fonction du contenu (un corps pour le texte général, un autre pour les notes, pour les titres…). Et, à la manière allemande, il clôt le livre par des index alphabétiques qui facilitent la recherche dans les multiples traitements du sujet initial et des notes de bas de pages.

Plusieurs de ces romans ont été traduits en français, comme Al-Abbâsa, traduit en 1912 qui deviendra "La sœur du calife".