Document jahviste

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Exégèse et critique

Le document jahviste (J) est, selon les tenants de l'hypothèse documentaire, l'une des quatre sources de la Torah. On pense que cette source a été constituée par l'addition des histoires et traditions diverses entourant le royaume de Juda et ses tribus associées (Lévi, Siméon, Ruben...) et par leur fusion en un seul texte.

[modifier] Origine du terme

Le mot « yahviste » a été utilisé pour la première fois par le médecin catholique Jean Astruc (1684-1766) dans son ouvrage Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraît que Moïse s'est servi pour composer le livre de la Genèse. Au fil du temps, le terme s'est modifié sous l'influence de l'allemand Jahvist, et de l'anglais Jahwist.

L'utilisation faite par Astruc du mot « yahviste », dans la formation de l'hypothèse documentaire, vient apparemment de son intention de décrire l'auteur du document, qui privilégiait le nom de Yahvé (au lieu de « Dieu ») dans ses écrits.

[modifier] Nature du document jahviste

Dans ce document, le nom de Dieu est toujours présenté sous la forme du tétragramme YHVH, que les chercheurs transcrivent aujourd'hui en « Yahvé » (autrefois en « Jéhovah »). D'autres traductions plus anciennes, comme la Bible du roi Jacques, se contentent d'écrire « le Seigneur » (the Lord).

L'auteur (surnommé J) éprouve une fascination particulière pour les traditions entourant Juda, le quatrième fils de Jacob, y compris en ce qui concerne ses relations avec son voisin Edom. J soutient aussi la cause du royaume de Juda contre celle du royaume d'Israël, en suggérant par exemple qu'Israël mit la main sur Shechem (sa capitale) en y massacrant les habitants.

J fait l'éloge de prêtres succédant à Aaron et établis à Jérusalem, la capitale de Juda, et traite Dieu comme une figure anthropomorphe, capable de regrets, d'être dissuadé, ou d'apparaître en personne lors de certains événements. Dans de nombreux cas, J dépeint Dieu sur le point de se livrer à une terrible vengeance contre l'humanité, avant d'en être dissuadé. Un exemple typique en est l'épisode où Abraham persuade Dieu d'épargner Sodome, quand bien même la ville n'abriterait que dix habitants justes. Lors de l'Exode, de même, Dieu n'accepte d'épargner les Israélites incrédules qu'au dernier moment, grâce aux efforts de Moïse.

Le document jahviste est remarquable de par son élégance et la richesse des émotions décrites.

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