Soulèvement de Kwangju

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Le soulèvement de Kwangju fait référence aux manifestations étudiantes et syndicales qui ont eu lieu dans la ville de Kwangju (Corée du Sud) en mai 1980, en réaction contre l'état de siège mis en place par le général Chon Tu-hwan au lendemain de l'assassinat du président Park Chung-hee en 1979.

Sommaire

[modifier] Les événements

Le 17 mai 1980, l'extension à la province de Kwangju de l'état de siège, en vigueur à Séoul, se traduit par des arrestations d'hommes politiques dans ce bastion de l'opposition et la fermeture d'universités.

Le 18 mai 1980, l'armée tue plusieurs des 5 000 manifestants civils et étudiants venus protester contre la fermeture de l'université Jônnam. Les protestations s'étendent et le gouvernement renforce les effectifs militaires, tandis que le lycée de la ville est fermé.

le 20 mai, l'hôtel de ville est pris par les manifestants. La station émettrice KBS est occupée par les manifestants. Alors que le soulèvement s'étend à d'autres villes de la région le 21, Kwangju est isolée le 22 mai et les assiégés commencent à s'armer. Une manifestation réunit 150 000 participants le 23 mai.

Le 27 mai, l'armée sud-coréenne entre dans la ville et déclenche une répression ayant causé officiellement deux cents morts, et jusqu'à plusieurs milliers selon les organisations de défense des droits de l'homme.

[modifier] Les conséquences du soulèvement

Les manifestations annuelles pour rappeler la répression militaire deviendront le point de ralliement des opposants. Sept ans plus tard, en 1987, les manifestations pour commémorer le soulèvement et protester contre les massacres alors commis par l'armée marqueront le début du processus de démocratisation en Corée du Sud.

Par ailleurs, la déclaration du président Jimmy Carter au gouvernement sud-coréen, le 23 mai 1980, pour rétablir l'ordre est apparu comme un soutien des Etats-Unis au régime militaire alors en place, et a nourri les sentiments anti-américains en Corée du Sud [1].

[modifier] Récits littéraires et cinématographiques

Le soulèvement de Kwangju a inspiré des écrivains et des cinéastes coréens.

La nouvelle de la romancière Choe Yun Là-bas, sans bruit, tombe un pétale est le récit de l'errance d'une jeune fille traumatisée après la mort de son frère, tué par la police, et de sa mère.

Le cinéaste Chang Son-u s'est inspiré de la nouvelle de Choe Yun dans son film de 1995 Le Pétale.

En 2006, Im Sang-soo (auteur de The president's last bang) adapte le roman de Hwang Sok-yong, Le Vieux Jardin, présenté en avant-première au huitième festival du film asiatique de Tours.

Source : Patrick Maurus, "Des matins pas très calmes et toujours assoiffés", in "Le Monde diplomatique", février 1997, p. 19.

[modifier] Bibliographie et sources

HYUNG Jeong-im, "Mouvements étudiants en Corée du Sud", L'Harmattan, 2005

[modifier] Notes et références

  1. Voir article de CNN sur ces conséquences dans les relations entre les deux pays.