Claude de Seyssel

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Claude de Seyssel, né à Aix-les-Bains (Savoie) vers 1450, issu d’une famille noble, fit ses études de droit à Pavie. Il fut enseignant à Turin, conseiller et maître des requêtes de Louis XII, évêque de Marseille de 1511 à 1517 puis archevêque de Turin de 1517 jusqu’à sa mort survenue le 1er juin 1520. Il fut également écrivain et traducteur.

Sommaire

[modifier] Biographie

Claude de Seyssel, né à Aix-les-Bains (Savoie) vers 1450 était probablement le fils naturel de Claude de Seyssel dont il prendra le nom et qui était maréchal de Savoie et gouverneur de Piémont. Il fit ses études à Pavie et fut professeur de droit à Turin.

Les guerres d’Italie ayant révélé les splendeurs de la Renaissance italienne à Charles VIII, ce dernier appelle auprès de lui Claude de Seyssel en 1498. C’est l’année où meurt Charles VIII, mais son successeur Louis XII fait de Seyssel l’un de ses conseillers favoris.

[modifier] Le conseiller de Louis XII

Claude de Seyssel va rendre de grands services à Louis XII. Il est envoyé en mission en Flandre, en Suisse, en Angleterre mais également en Italie. Il siège au sénat de Milan, administre l’évêché de Lodi, entre avec Louis XII à Gênes et accompagne le cardinal d’Amboise à Rome.

[modifier] L’évêque de Marseille

Après la mort de l’évêque de Marseille Antoine Dufour survenue en juin 1509, Louis XII adressa aux chanoines de Marseille une lettre pour recommander son protégé. Le texte de cette lettre figure dans l’histoire de Marseille par Louis Antoine de Ruffi[1]. Le chapitre se hâta d’élire Claude de Seyssel dés le 11 juillet 1509. Les bulles de nomination par le pape Jules II sont du 3 décembre 1511. Cette nomination fut si tardive que début 1511 le bruit de sa mort fut répandu et que le chapitre choisit le 15 janvier 1511 pour successeur Hector d’Anglure qui eut la sagesse d’attendre l’infirmation de cette nouvelle[2].

En 1512 il se rendit sur ordre de Louis XII à la diète tenue à Trèves par Maximilien, puis il fut en 1514 son ambassadeur au concile de Latran. Il ne prit possession de son évêché que le 1er avril 1515. Le 7 août 1515 il reçoit à Aubagne l’hommage et le serment de fidélité d’Antoine de Glandevés, seigneur de Cuges. Au mois de janvier 1516 il assista à l’entrée de François Ier à Marseille après sa victoire de Marignan.

En tant que seigneur d’Aubagne, il considéra que l’aliénation du four seigneurial faite par Ogier d'Anglure lui était préjudiciable. Il s’ensuit un procès. Par ailleurs il décida d’augmenter le débit du canal amenant l’eau au moulin afin d’y installer une deuxième meule d’écrasement, mais il défendit aux riverains d’y prendre de l’eau. Cette interdiction qui était motivée par le risque de voir les berges du canal détériorées par des saignées trop nombreuses pour pratiquer l’irrigation, provoqua un fort mécontentement. Ces problèmes n’étaient pas réglés lorsqu’il fut nommé archevêque de Turin. C’est sous le mandat de son successeur Innocent Cibo, qu’une transaction pu être trouvée le 8 juin 1518 [3].

[modifier] L’archevêque de Turin

Claude de Seyssel fut fait archevêque de Turin ayant permuté son évêché de Marseille avec le cardinal Innocent Cibo. Dans cet évêché Seyssel se préoccupe surtout de l’ hérésie vaudoise qui s’était développée non seulement dans les vallées piémontaises mais également dans le Luberon, le mont Ventoux et le Dauphiné. C’est dans un esprit pacifique et apostolique qu’il parcourt les régions de son diocèse. Claude de Seyssel note dans son ouvrage «Disputationes adverses errores » que, lors de ses tournées pastorales, il a toujours été reçu par les vaudois avec « une grande humilité et charité et qu’ils recevaient avec une grande attention ses sermons qui étaient tous contre l’impiété de leur secte »[4].

Il reconnaît que l’indignité du clergé constituait une cause de l’expansion de l’hérésie vaudoise[5]. Dans son livre « Tractatus de triplici statu viatoris », il invite le prélat à se tourner vers plus de sainteté : « il faut que sa vie soit exemplaire, sa doctrine saine et que la contemplation renouvelle constamment sa volonté de servir. Résider auprès de ses ouailles, visiter les églises, diriger et corriger son clergé, prêcher sont les devoirs auxquels il ne saurait se soustraire. »[6].

[modifier] L’écrivain

Claude de Seyssel a écrit de nombreux ouvrages qui seraient selon Belsunce au nombre de Dix huit[7]. Parmi ces ouvrages il y a de nombreuses traductions d’auteurs grecs ou latins. Latiniste ignorant le grec, il collabore avec l’érudit grec Jean Lascaris qui avait été appelé à la Cour par Louis XII. Lascaris traduisit les auteurs grecs en latin et Seyssel du latin au français. De la collaboration de ces deux amis vont sortir les premières traductions françaises des historiens grecs : Hérodote, Thucydide, Diodore, Appien, Justin et Xénophon. Ce travail en équipe ressort nettement du titre de leur traduction de l’ »Anabase » de Xénophon à savoir : « Histoire du voyage que fait Cyrus à l’encontre du roi Artaxerse, son frère, contenue en 7 livres écrits par Xénophon auteur grec traduit premièrement en latin par Jean Lascaris, homme docte consommé en langue grecque et le restaurateur d’icelle, et de latin en langue vulgaire français par Claude Seyssel » [8].

Il écrivit également des livres sur la monarchie française, la théologie et l’hérésie vaudoise. Parmi les ouvrages publiés, on peut citer :

  • Ouvrages sur le droit, la théologie et la monarchie
    • De divina providencia tractatus, Paris, 1518 ; traduit ensuite par lui-même sous le titre : Traité de la divine providence, Paris, sans date.
    • Histoire singulière du roy Louis XIIeme de ce nom, faite au parangon des règnes des autres roys de France, Paris, 1508.
    • La grande monarchie de France, Paris, 1519
    • Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, surnommé Pamphile, évêque de Césarée, faicte françoise par Messire Claude de Seyssel, lors évesque de Marseille et depuis archevesque de Thurin, Paris, 1554.
  • Traductions
    • Justin, les histoires universelles, Paris, 1559.
    • Thucydide, Histoire de la guerre qui fut entre les péléponésiens et les athéniens tant au pays des Grecs que des Romains et les lieux circonvoisins, Paris, 1527.
    • Diodore de Sicile, Histoire des successeurs d’Alexandre le grand translaté par Claude de Seyssel, conseiller et maistre de requestes du roy de France douziesme de ce nom, Paris, 1530
    • Appien, historien grec, Des guerres des Romains, Lyon, 1554.
    • Xénophon, Histoire du voyage que fit Cyrus.., Paris, 1529
  • Ouvrage sur l’hérésie vaudoise.
    • Disputationes adversus errores et sectam Valdensium disputationnes perquam eruditae aepiae, Paris, 1520. Ce livre a été traduit par ses osins sous le titre Disputation contre les erreurs et sectes des Vaudois, Lyon, sans date.

[modifier] Décès

Claude de Seyssel décède à Turin la 1er juin 1520. Une rue d’Aix-les-Bains porte son nom.

[modifier] Bibliographie

  • Abbé Joseph Hyacinthe Albanés, Armorial & sigillographie des Évêques de Marseille avec des notices historiques sur chacun de ces Prélats, Marius Olive, Marseille, 1884, pages 129-131.
  • Jean Rémy Palanque, Le diocèse de Marseille, Letouzey & Ané, Paris 1967, page 117
  • Mgr. De Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques, chez la veuve Brébion, Marseille, 1751, 3 volumes, Tome 3 pages 82-110.

[modifier] Références et liens

  1. Louis Antoine de Ruffi, Histoire de la ville de Marseille, Henri Martel, Marseille, 1696, tome 2, page 33 et 34.
  2. L. Barthélemy, Histoire d’Aubagne, chef lieu de baronnie depuis son origine jusqu’en 1789, Barlatier et Barthelet, 1889, 2 volumes, tome1 page 200
  3. L. Barthélemy, Histoire d’Aubagne, chef lieu de baronnie depuis son origine jusqu’en 1789, Barlatier et Barthelet, 1889, 2 volumes, tome1 page 202
  4. Claude de Seyssel, Disputationes adverses errores, Paris, 1520, page 422 cité par Mayeur, Piétri, Vauchez et Venard dans Histoire du christianisme, Desclé, tome 7, De la Réforme à la réformation (1450-1530), page 439
  5. Gabriel Audisio, Les Vaudois, histoire d’une dissidence XIIe - XVIe siècle, Fayard, Paris, 1989, page 197 (ISBN 2-213-60143-7)
  6. Mayeur, Piétri, Vauchez et Venard dans Histoire du christianisme, Desclé, tome 7, De la Réforme à la réformation (1450-1530), page 182
  7. Mgr. De Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques, chez la veuve Brébion, Marseille, 1751, 3 volumes, Tome 3 page107
  8. Mgr. De Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques, chez la veuve Brébion, Marseille, 1751, 3 volumes, Tome 3 note XVIII page108
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Évêque de Marseille
1511-1517
Innocent Cibo