Catherine Ségurane

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Bas-relief de 1923 dans le Vieux-Nice
Bas-relief de 1923 dans le Vieux-Nice

Pendant le siège de Nice de 1543, Catherine Ségurane (en niçois Catarina Segurana, en italien Caterina Segurana), une bugadiera (blanchisseuse), s'illustra en montant aux créneaux de la tour Sincaire, assomma avec son battoir à linge un porte-étendard turc et lui arracha son drapeau. La tradition locale rapporte qu'en plus de son acte de bravoure, elle aurait dévoilé une « partie charnue » de son anatomie, ce geste provocateur mettant en fuite les assiégeants turcs.

Bien que l'existence de Catherine Ségurane ne soit pas définitivement attestée (Jean Badat, historien témoin du siège, ne mentionne pas sa participation), elle a excité l'imaginaire local : Luigi Andrioli lui a consacré un poème épique en 1808, Giovanni Battista Toselli a écrit une pièce de théâtre en 1878. Un monument en bas-relief a été érigé en 1923 à proximité du lieu supposé de son exploit. Un collège niçois porte son nom.

Il existe pourtant des présomptions de nature à laisser croire à l’existence réelle et non légendaire de Catherine Ségurane, d'autant qu'il est avéré que Badat n'a pas parlé d'évènements assurés comme la prise de 3 drapeaux turcs.

Le premier écrivain qui parle de Catherine Ségurane, dès 1604, est Honoré Pastorelli (Maire de la Ville de Nice en 1604 et 1611), qui prononce sur elle, le 30 août 1608, un discours à la Cathédrale de Nice, en présence d'un grand nombre de citoyens niçois, dont quelques-uns avaient été certainement témoins oculaires de cet acte de prouesse, ou tout au moins en avaient eu connaissance par leurs parents.

Il faut savoir que si Honoré Pastorelli n'était pas encore né en 1543, à cette date son père et sa famille vivaient à Nice. Le fait de Catherine Ségurane est donc prouvé par la quasi-contemporanéité d'Honoré Pastorelli. Un fait de si haute importance n'aurait pas été cru par les Niçois soixante-cinq ans après la date où il s'était produit, s'il n'avait été de notoriété publique.

Par ailleurs, lorsque, en 1634, le sénateur niçois Fighiera écrivait ses mémoires à l’âge de soixante ans il indiquait ne pas se rappeler avoir vu élever le monument à la gloire de Catherine Ségurane (un buste précédent le bas-relief de 1923), qui était alors sur la porte Pairolière. Il apparaît donc que la pose de ce buste remonte au moins à l'année 1574. Il a donc été érigé trente ans au plus tard après le fait de Catherine Ségurane, c'est-à-dire lorsque un grand nombre de ses contemporains, témoins de son héroïsme, étaient encore en vie.

Enfin, les archives municipales de la Ville de Nice attestent de l'existence d'une famille Ségurane à Nice à cette époque.

Quoiqu'il en soit Catherine Ségurane est devenue une figure mythique de la résistance locale, au point que les Niçois sont parfois surnommés les Seguran. Elle est fêtée à Nice le 25 novembre, jour de la Sainte-Catherine.

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