Villarsel-le-Gibloux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Villarsel-le-Gibloux est un village de Suisse, situé dans le Canton de Fribourg dans le district de la Sarine. Ce village fait partie de la commune appelée Le Glèbe. La date de la fusion est le 1er janvier 2003. Les autres villages de cette commune sont Villarlod, Estavayer-le-Gibloux, et Rueyres-Saint-Laurent.

[modifier] Historique

« Vléji » en patois fribourgeois est un petit village de quelque 200 habitants adossé sur le flanc nord du Gibloux à une altitude moyenne de 750 mètres. On ne trouve pas de notification écrite du village avant 1278 : Vilarsel subtus Giblour. Plusieurs écrits historiques confondent les « Villarsel ». Il y a Villarsel-sur-Marly qui était un domaine de la Commanderie de Saint-Jean à Fribourg et Villarzel, village situé dans le district de Payerne, sur la rive droite de la Broye. Un écrit de l’année 1403 désigne « Villari Salleti » étymologies latines : Villa signifiant : maison et Saltus : le monticule, une colline. Donc des maisons sur un monticule. On a découvert à Villarsel des sépultures datant de l’époque post romaine. On peut les attribuer soit aux Burgondes, soit aux habitants helveto-romains.

Le château fut construit, selon les archives, par l’évêque de Lausanne, Bechtold de Neuchâtel : « Fecit etiam castrum de Vilarsel » vers 1212 - 1220. Son successeur, Boniface, lui, fit entourer de remparts deux places fortes de l’époque : Villarsel et Bulle. « Hic fecit fieri muros casti de Vilarsel et muros de Bullo » selon les archives de l’évêché de Lausanne.

Au début du siècle dernier, il subsistait encore quelques restes de bâtiments de ce château. Il se trouve juste au centre du village, derrière le café du Chasseur. On pouvait voir les vestiges du donjon carré, ce qui indique qu’il était antérieur au milieu du XIIIe siècle. Les tours rondes ayant été construites pour mieux résister aux boulets des canons (invention de l’artillerie). A l’heure actuelle, on peut y découvrir les fondations d’une tour ronde dont les murs sont revêtus de moellons bien taillés, mais à face extérieure bombée. C’est là un mode de construction unique dans le canton de Fribourg. Il subsiste encore quelques murs où l’on remarque les trous de l’époque, nécessaires à l’assemblage des blocs de molasse. Ces derniers ont été utilisés notamment pour la construction de l’église et de l’école d’Estavayer-le-Gibloux. On peut admettre que ce château avait donc une assez grande étendue.

L’histoire de ce petit village est riche d’anecdotes. Nous ne pouvons pas toutes les présenter. Dans les grandes lignes, nous citerons donc les faits essentiels. Il semble qu’une grande étendue du versant nord du Gibloux était sous la domination de la Seigneurie de Pont, mais en partie tout au moins, sous la suzeraineté de l’évêque de Lausanne.

La petite seigneurie de Villarsel a primitivement appartenu à une famille qui en portait le nom. Ainsi, en avril 1286, Otto, fils de feu seigneur Wibertus, chevalier de Villarsel subtus Jublour, vendit en franc à donzel Aymo, coseigneur de Pont, tous ses droits sur la forêt de Wauzmeret située entre Vuisternens-en-Ogoz et Grenilles.

Villarsel parvint par mariage aux sires de Corbières, puis aux seigneurs d’Oron (1346). En 1375, Aymon d’Oron légua cette place forte à son neveu Rodolphe de Langin. La fille de celui-ci, Isabelle, l’apporta à son mari, Amédée de Challant, bailli du Chablais. La famille de Challant, vassale de la Savoie, la conserva jusqu’à la fin du XVIe siècle. Les armoiries de la commune sont une variante du blason de cette puissante famille originaire du val d’Aoste : « D’argent au chef de gueules à la bande de sable, entourée d’une bague d’or brochant sur le tout ».

A vous qui me lirez, si vous en avez le temps, évadez-vous un jour dans la vallée d’Aoste, à Fénis plus précisément. Vous y découvrirez son château, l’une des nombreuses résidences de la famille de Challant. Visiter un château en vallée d’Aoste correspond à retourner en plein Moyen Age, à s’abandonner au plaisir d’une rêverie et d’une aventureuse évocation du passé.

Pour Villarsel, le temps se gâte vers la fin de l’année 1447. Le 17 décembre, les Fribourgeois, sujets de l’Autriche, déclarèrent la guerre au duc de Savoie, Louis 1er, ami de la famille de Challant. Les hostilités s’ouvrirent à la fin du mois. Le 21, vers une heure du matin, 600 à 700 hommes quittent la ville de Fribourg et font mouvement vers le Gibloux pour s’emparer du bétail et du fourrage. Ils s’emparent du Château de Villarsel, le pillent et y mettent le feu. Le châtelain est capturé ainsi que ses hommes. On délivre alors 36 prisonniers. Cette troupe de pillards s’en retourna à Fribourg quelques jours plus tard, chargée de butin. Le dimanche suivant, les Fribourgeois livrèrent un assaut furieux au château de Montagny, sans arriver cependant à faire capituler la garnison. Ils y incendièrent l’église et le bourg. Le feu fut mis à de nombreux villages, amis de la Savoie : Ponthaux, Chandon, Villarimboud, Torny, Noréaz, Seedorf.

Ayant reçu une « correction » dans la vallée du Gottéron (plus de 300 morts dans une escarmouche), les Fribourgeois acceptèrent une paix humiliante le 16 juillet 1448. La ville dut payer au duc de Savoie une somme de 40'000 florins d’or, plus 4'000 autres destinés à la reconstruction du bourg de Montagny et du château de Villarsel. Pour ce dernier, il n’était prévu que 900 florins, c’est dire que Villarsel était bien moins important pour le duc que Montagny.

Pour la petite anecdote, les documents de paix signés à Morat stipulaient entre autres ce qui suit : huit députés fribourgeois devaient demander pardon, à genou et tête nue, au duc de Savoie.

François de Challant vend son château en 1579 à un noble : Christophe de Reyff. Villarsel devint fribourgeois en 1584 échappant ainsi aux revendications bernoises.

Jusqu’en 1798, Villarsel fit partie du baillage de Pont - Farvagny, de 1798 (date de l’entrée des troupes françaises en Suisse) à 1803 de l’arrondissement de Romont, de 1803 à 1848 du district de Farvagny, puis dès 1848 de celui de la Sarine.

Le 29 mars 1879, le Conseil d’Etat approuve le règlement élaboré par l’Exécutif local pour le partage des terres communales.

Le 24 juin 1892, le moulin d’Alphonse Théraulaz situé entre Villarsel et Rueyres est détruit dans un incendie. Il ne sera pas reconstruit. Au début du siècle, l’assemblée communale décide de la construction du café du Chasseur (1901) sous la conduite de syndic de l’époque, Tobie Magnin « des Golards » parrain de Clément Raboud, ancien secrétaire communal et archiviste émérite, toujours domicilié au village.

En 1972, le FC Estavayer-le-Gibloux s’installe définitivement à Villarsel où il construit ses installations sportives (terrain, éclairage, vestiaires, buvette) inaugurées en 1994.

Autres langues