HMS Northumberland (1743)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pour les articles homonymes, voir HMS Northumberland (homonymie).
HMS Northumberland
La prise du HMS Northumberland par le ContentLa prise du HMS Northumberland par le Content
Histoire
A servi dans : Royal Navy Pavillon
Commanditaire : Woolwich
Quille posée : octobre 1740
Lancement : 7 octobre 1743
Armé : 1744
Caractéristiques techniques
Type : Vaisseau de ligne
Longueur : 50 m
Maître-bau : 14,3 m
Tirant d’eau : 6,4 m
Déplacement : 2273 tonneaux
Tonnage : 1150 tonneaux
Propulsion : Voile
Caractéristiques militaires
Armement : 26 canons de 32 livres
26 canons de 18 livres
18 canons de 9 livres
Autres caractéristiques
Équipage : 480 hommes
Port d’attache : Woolwich

Le HMS Northumberland fut un navire de ligne britannique de 70 canons construit en 1743 au chantier naval de Deptford par l'ingénieur Holland. Il est notamment célèbre pour sa capture par le vaisseau français Content en 1744.

  • En avril 1744, le Northumberland, sous le commandement de Thomas Watson, prend la mer à destination de Lisbonne avec l'escadre de Sir Charles Hardy. Au début de mai, l'escadre croise au large d'Ouessant et trois voiles suspectes sont repérées. Un officier raconte:
  • "Le 8 mai, sous la lattitude 39 et 40, à 5 heures du matin, l'amiral signala au Northumberland de donner la chasse une voile dans le nord. Nous envoyâmes toute la toile que nous pouvions, sans gagner sur notre adersaire, ayant très peu de vent et un temps brumeux. À midi le vent fraîchit, mais nous ne pûmes nous approcher à portée de canons. A deux heures l'amiral nous fit le signal de rejoindre la flotte, le capitaine en prit connaissance mais n'y obéit point. A quatre heures, le temps s'éclaircit, nous vîmes le vaisseau pris en chasse, et découvrîmes trois bâtiments voguant à l'ouest; deux d'entre eux étaient de larges vaisseaux de même force que nous, l'autre bâtiment étant d'environ 20 canons, à environ une lieue de distance. Les voyant le pilote déclara qu'il s'agissait d'étrangers [...]. Il tenta de persuader le capitaine d'attendre la flotte, ce qu'il refusa, déclarant qu'il voulait voir ce que les nouveaux venus avaient dans le ventre. Il ordonna aux hommes de détacher les canons et de faire le branle-bas, ce dont il n'avait pas le temps. A notre approche ils envoyèrent immédiatement les huniers et les couleurs anglaises, mais une fois proches ils firent monter les couleurs françaises."
  • Les deux vaisseaux étaient le Content vaisseau de 64 canons portant le guidon de Hubert de Brienne de Conflans et le Mars de même force. A cinq heures, Le Northumberland s'approcha du Content et reçut une pleine bordée sans lui faire subir le moindre dommage. Il engagea ensuite le Mars.
  • "Aprés un combat de 3 heures, le Mars de 64 canons, très endommagé, s'éloigna, et nous dûmes nous charger du Content de 62 canons, et tout laissait supposer que nous avions toutes nos chances, mais un cri vint du gaillard d'arrière "Cessez le feu nous avons abaissé nos couleurs." Ceci causa une grande consternation, comme nous pensions que les Français s'étaient rendus, car ils n'avaient pas tiré, et que nous étions sur le point de leur envoyer une bordée, quand il y eut un second appel, "Maudits rascals, cessez le feu et amarrez les canons, nous avons abaissé le pavillon" il semblerait que ce fut le pilote. Le capitaine avait certainement été mortellement blessé sur le gaillard d'arrière, et gisait adossé au mât d'artimon. Le pilote et le maître cannonier, "Nous devrions tous mourir, ils sont sur le point de nous prendre en enfilade de la proue à la poupe, cher capitaine, baissez les couleurs et abattez les mâts, nous devrions être repris demain," ce qui aurait été fait si l'on ne les en avait pas empêché. Pendant ce temps, le charpentier rapporta que la coque du navire était toujours en bon état et qu'il n'y avait aucune voie d'eau."
  • "Le capitaine n'aurait pas prêté l'oreille à leurs dires, aurait tenté de mettre le navire vent debout, et de permettre ses défenses. Il fut descendu dans la cabine du commis pour que l'on panse ses blessures, et il n'apprit la reddition du navire que lorsqu'il vit les Français à bord. Lors de l'action,[le second lieutenant] avait été blessé, les voiles et le gréément taillé en pièces, près de 70 personnes tuées ou blessées, mais il restait toujours un puissant et brave vaisseau , aucune voie d'eau à colmater, aucun dommage à la coque, et des hommes prêt à combattre les canons de l'adversaire, et nous l'aurions combattu jusqu'au dernier, s'il nous avait été permis de le faire; ajoutez à cela qu'il faisait nuit, et que l'ennemi ignorait encore notre reddition; jusqu'à ce le pilote leur demande un cessez le feu, ainsi que de venir à bord à bord avec leurs canots; et ils déclarèrent plus tard qu'ils ne s'attendaient pas à ce nous nous rendions à eux; car leurs vaisseaux étaient désemparés dans leurs mâts, leurs voiles et leur gréément, il leur fallut d'ailleurs près de trois jours avant qu'ils puissent faire voile, et dix-neuf avant qu'ils puissent atteindre Brest. Ainsi fut cédé à l'ennemi, un des meilleurs vaisseaux de la marine d'Angleterre, sans aucune raison valable."
  • Le capitaine Watson, commandant du Northumberland survécut encore plusieurs jours, assez longtemps pour être transporté dans un port ennemi. Il mourut en France le 4 juin 1744.
  • Une cour martiale eut lieu à Porsmouth à bord du Lennox le 31 janvier 1745 pour juger les officiers du Northumberland à leur retour de captivité. Ils furent acquittés, et le premier lieutenant obtint les félicitations de la cour pour avoir rempli son devoir de manière brave et prudente. Le pilote fut jugé pour avoir rendu le navire sans nécessité et condamné à passer le reste de sa vie dans la prison de Marshalsea.
  • Incorporé à la Royale, il participera à la bataille des Cardinaux et fera naufrage au large d'Ouessant en 1781. Non sans avoir été rebaptisé Atlas.

Bibliographie:

La Marine de Louis XV, Nomenclature des navires français de 1715 à 1774. Cdt Alain DEMERLIAC. Editions Omega. Nice 1995.

La bataille navale des "Cardinaux" (20 novembre 1759). Guy LE MOING. Editions Economica.