Albert du Bois d'Enghien

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Le Comte Albert du Bois d'Enghien (Écaussinnes-d'Enghien, le 4 septembre 1872 - Bruxelles, le 3 décembre 1940) est un homme de lettre de langue française et un diplomate belge ainsi qu'un militant wallon.

Sommaire

[modifier] Idées politiques

Secrétaire de la délégation belge à Paris, il est renvoyé de son poste le 17 février 1903 après avoir écrit « Belges » ou Français ? dans lequel il se fait l'avocat de l'annexion des provinces wallonnes de Belgique par la France[1].

Albert du Bois déplorait que les Wallons fussent assez inintelligents «  pour se laisser scinder et fractionner par leurs ennemis désireux de les affaiblir [...], pour subir un pareil traitement [...] sans s’en apercevoir...[2]» :

« En effet, la frontière nord de la France actuelle divise en deux des provinces françaises, des terres françaises, des populations françaises qui constituèrent des unités politiques [...]. Jusques à la fin du dix-septième siècle, Mons et Valenciennes, Avesnes et Chimay faisaient partie du même comté de Hainaut et cette terre, exclusivement française, avait vécu depuis les temps les plus reculés, d’une existence autonome parallèle et connexe à celle de la terre de France tout entière. »

« De ce fait historique indéniable, découle un fait actuel et patent : cette terre de Hainaut, coupée en deux selon les exigences de vainqueurs étrangers et haineux, Allemands et Anglais, continue à être habitée des deux côtés de la ligne idéale de la frontière, par des populations entre lesquelles il est totalement impossible de découvrir la plus petite différence au point de vue le plus minime. C’est le même peuple, le même esprit, le même caractère, la même nation. C’est Paris coupé en deux, par une ligne tracée au cordeau du Lion de Belfort à la butte Montmartre. Imaginez-vous un vainqueur tudesque se livrant à une telle opération et disant aux habitants du Faubourg Saint-Honoré et à ceux du Faubourg Saint-Denis : "Vous allez désormais être l’un pour l’autre deux peuples étrangers ! Je vous défends de vous donner la main et de vous regarder à travers la Frontière que mon glaive et ma fantaisie viennent de tracer. Honoriens, et vous Denisiens, vous êtes désormais deux nations !" Et imaginez-vous les Honoriens et les Denisiens acceptant cette décision placidement, béatement, avec une soumission niaise, une résignation imbécile, une inconscience qui n’est presque plus humaine.[3]»  »

Et dans la préface de son roman « Belges » ou Français ?, Albert du Bois s’était déjà exclamé :

« [...] Belges ! ... Ceux qui habitent dans le cercle que le crayon distrait d’un Palmerston quelconque traçait à Londres, en 1831, sur une carte d’Europe, sont des « Belges » ! C’est ainsi que l’on crée un peuple ! C’est ainsi que l’on forme une nation ! C’est ainsi que l’on constitue un pays ! ... Pour parquer les chiens dans les expositions canines, on fait au moins attention à leurs races et à leurs espèces ; mais pour parquer les peuples en troupeaux de « contribuables », on ne doit pas y regarder de si près. Il suffit de prendre trois millions d’individus d’une espèce et trois millions d’individus d’une autre espèce. On leur dit : "Tâchez de ne pas trop se dévorer entre vous. Vous êtes une même nation. On vous appellera des Belges" - et les pauvres bêtes répondent docilement au nom qu’on leur donne ![4]  »

A la décharge des Wallons, il déclarait : «Jamais, peut-être, population ne fut victime d’une conspiration plus habile. Jamais peut-être on n’essaya d’abuser avec une telle perfidie de la bonne foi et de l’ignorance d’un peuple, pour lui faire méconnaître ses intérêts les plus sacrés. » [5].

Il se montre lucide face aux revendications du Mouvement flamand :

« Nous n’avons pas la lente et tenace obstination de nos associés flamands. Mais il ne faut pas se fier au calme apparent avec lequel nous subissons une foule d’attentats mesquins contre notre véritable nationalité. Il compte parmi ses innombrables défauts celui de manquer totalement de patience. Il fera quelque jour explosion. Ceux qui viennent jouer avec de la flamme autour de ce coin de terre, tout pétri de poussière noire, ceux qui viennent y jongler avec les brandons de discorde du « patriotisme belge », de la « nationalité belge », de « l’âme belge », [...], ceux-là se trompent étrangement ! » Ils s’apercevront – bientôt peut-être ! – qu’ils ont joué avec de la poudre et quand elle flambera – soudainement – en une explosion géante, ce sera pour jeter aux quatre coins de l’Europe, les débris de cet édifice de haine, de conquête et d’asservissement sur le fronton duquel on a sculpté ce nom mensonger : « ROYAUME DE BELGIQUE !»[6]  »

[modifier] Œuvres

[modifier] Poésies

  • Rapsodies passionnées, 1901

[modifier] Pièces de théatre

  • Notre Déesse, 1935

[modifier] Romans

  • Les Civilisations mortes - Amours antiques, 1895
  • Leuconoé, l'histoire de Tyrtée à Sparte, 1897
  • Les Romans de la voie sacrée, 1897
  • Sous les Lauriers roses, 1898
  • L'Amant légal, 1901
  • Écrit avec le sang de Rome, 1922
  • Les Quatre bustes du temple de l'amour, 1922
  • Le Secret de la Villa des Trois Cyprès, le 17 octobre 1925
  • Le Dernier vol de l'Alouette, le 14 juillet 1928
  • Aux portes de la Nuit, 1929
  • Corsica, dans La Petite Illustration, n°s 596 et 597, les 8 et 15 octobre 1932
  • Le Sourire du roi des Juifs, dans La Petite Illustration, n° 390, le 4 mai 1935

[modifier] Œuvres politiques

  • Catéchisme du Wallon, 1902
  • Belges ou Français ?, 1903
  • Poèmes impériaux, 1907 ?

[modifier] Notes et références

  1. (en) Parti pro-Français dans les provinces wallonnes de Belgique [Pro-French party in the Walloon Provinces of Belgium], The New York Times, le 2 mars 1903, p. 5. [lire en ligne]
  2. Albert du Bois d’Enghien, Poèmes impériaux, 1907.
  3. Albert du Bois d’Enghien, Poèmes impériaux, 1907.
  4. Albert du Bois d’Enghien, « Belges » ou Français ?, 1903.
  5. Albert du Bois d’Enghien, Poèmes impériaux, 1907
  6. Albert du Bois d’Enghien, Poèmes impériaux, 1907.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes