294e régiment d'infanterie

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Le 294e Régiment d'Infanterie est un régiment d'infanterie constitué en 1914. Il est issu du 94e Régiment d'Infanterie: à la mobilisation, chaque régiment d'active créé un régiment de réserve dont le numéro est le sien plus 200.

294e Régiment d'Infanterie

Insigne du 294e R.I.
Période 02 août 1914 - 28 octobre 1918
Pays France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d'infanterie
Rôle Infanterie
Inscriptions sur l'emblème Verdun 1916
La Somme 1916
Montdidier 1918
Guerres Première Guerre mondiale

Sommaire

[modifier] Création et différentes dénominations

  • 1914 : 294e Régiment d'Infanterie, régiment de réserve du 94e RI de Bar-le-Duc, où dominaient les « sangliers des Ardennes » et les Meusiens du Barrois. Mis sur pied en août 1914, formé à deux bataillons puis 3.
  • Juillet 1916, le 8e Bataillon du 354e Régiment d'Infanterie (Régiment dissout) est rattaché au 294eR.I. qui est ainsi formé de trois Bataillons. Le 5e Bataillon du 354e devient le 4e Bataillon du 294e R.I.
  • 1918 : Le 28 octobre 1918, le régiment est dissout par ordre du G.Q.G. La moitié des cadres et de la troupe est utilisée pour la constitution du 17e R.I. de Tirailleurs
  • 1939 : 294e Régiment d'Infanterie, régiment de réserve, formé à 3 bataillons, mis sur pied le 6 septembre 1939 dans le secteur de Commercy.

[modifier] Chefs de corps

  • 1914 : le régiment entre en campagne le 9 août sous les ordres du Lieutenant Colonel DUPERRIER. Le 3 sept, le Lieutenant Colonel DUPERRIER, malade, est évacué et le Chef de Bataillon SELVA prend le commandement du régiment.
  • 1915 : 26 sept 1915, Le Colonel Louis Joseph BONNE Commandant la 111e Brigade (294-354 RI) est tué à son poste, au combat au nord de Souain, le lieutenant Colonel SELVA prend le commandement de la Brigade, le Chef de Bataillon VOINIER celui du Régiment. 9 oct, Le Lieutenant-Colonel SELVA malade est évacué et est remplacé dans le commandement du Régiment par le Lieutenant-Colonel DAYDE.
  • 1916 : le Lieutenant-Colonel Jean Louis DAYDE est tué à son poste de combat au nord de Souain le 26 février ainsi que 2 officiers de l’Etat Major du régiment. Le Lieutenant-Colonel BERTHON prend le commandement du régiment le 27.
  • 1939 : Lt-Col Bussiènne

[modifier] Drapeau

Il porte, brodées en lettres d'or, les inscriptions[1]:

  • 1 citation.

[modifier] Historique des garnisons, combats et batailles du 294e RI

[modifier] Première Guerre mondiale

Affectations: À la mobilisation, en 1914, les régiments français d'infanterie forment chacun un régiment de réserve dérivé dont le numéro est celui du régiment actif majoré de 200 (ex. : à Châlons-sur-Marne : 106e régiment d'active et 306e régiment de réserve et, à Reims : 132e régiment d'active et 332e régiment de réserve). De surcroît, le régiment de réserve est, au départ, commandé par le lieutenant-colonel, commandant en second du régiment actif, et la numérotation des compagnies du régiment de réserve prend la suite de celle du régiment d'active.

  • 6e Corps d'Armée
    • 56e Division de Réserve d'août 1914 à janvier 1917
    • Le 11 janvier 1917, le 294e R.I. cesse de faire partie de la 56e D.I. et passe à la 166e D.I. du 6e Corps.

[modifier] 1914

Formé à deux bataillons, le Régiment quitte Bar-le-Duc et entre en campagne le 9 août sous les ordres du Lieutenant Colonel DUPERRIER. Il fait partie de la 56e D.I. - 111e Brigade.

Campagne 1914 : combat de Buzy, Senlis, Bataille de la Marne, combat sur l'Aisne, Bataille de l'Oise,

[modifier] 1915

Artois

Le régiment relève dans la nuit du ? novembre 1914 des éléments du 20e CA sur la ligne HannescampsFoncquevillers, Hebuterme devant Monchy-au-Bois, La-Brayelle et Gondecourt (les deux bataillons sont en ligne). Organisation des positions en secteur défensif. Le régiment est relevé au mois de février et reste trois semaines en seconde ligne puis s’installe à nouveau dans le secteur de Foncquevillers avec un bataillon en ligne, un en réserve. En juin, sans être engagé, le régiment est pivot des l’attaque que le 1er ??? déclenche sur le moulin de Tout Vents.

Monument-Ossuaire de « la ferme de Navarin » Souain, Marne
Monument-Ossuaire de « la ferme de Navarin » Souain, Marne

Offensive de Champagne Seconde bataille de Champagne (septembre 1915) Le 25 septembre 1915, dans le cadre de la grande offensive de Champagne, le 2e Corps d'Armée Colonial, aile droite de la IVe Armée commandée par le Général de Langle de Carry, avait la redoutable mission, en partant de part et d'autre du village de Souain, de faire tomber la première position allemande sur un front de 5 kilomètres et sur une profondeur de plus de 3 kilomètres. Le 2e Corps Colonial devait ensuite percer la deuxième position ennemie au nord de Navarin, afin de permettre aux unités du 6e Corps d'Armée ( 127e DI, 12e DI, 56e DI) d'exploiter en direction de Sommepy -Vouziers.

Le 25 septembre, le régiment gagne au jour ses emplacements de combat, le 56e DI en seconde vague derrière le 7e CA a pour mission d’exploiter le succès et de dépasser le 7e CA lorsque celui ci aura atteint la cote 150. Le régiment est en première ligne et suit la progression qui rencontre des difficultés à L’Epine de Vedegrange.

26 septembre - Message 6e CA à 127e DI -12e DI - 56e DI (294e - 354e - 355e - 350e - 361e RI - 65e - 69e BCP). Le 26/09/1915 - 3 heures du matin « … La mission du 6e Corps est de continuer l'offensive en direction générale de Sommepy. 12e DI, à l'ouest de la route de Somme-Py.

détail du monument
détail du monument

Le 26, avant le jour, le 294e RI reçoit l’ordre d’aller prendre position au nord de Souain en soutien du 6e CA. Après avoir gagné ses emplacements par la voie romaine et la ferme des Wacques, le régiment s’installe en position d’attente vers les bois Guillaume et du Sultan sous de violents tirs d’artillerie ennemie. Le colonel Bonne, commandant la 3e brigade est tué à son poste, le lieutenant colonel Selva prend le commandement de la brigade, le chef de bataillon Voinier celui du Régiment. Le 27, le régiment passe en première ligne et attaque la tranchée des Vandales, à l’ouest de la Ferme Navarin, relevant des éléments du 54e RI et Corps colonial. Sous des tirs d’artillerie de plus en plus violents, les attaques continuent les 28 et 29, mais se heurtent à des réseaux épais de fils de fer intacts.

Le 30 au soir, le régiment passe en réserve jusqu’au 3 octobre, date à laquelle il prend position à l’Est de la route Souain - Sommepy et commence des préparatifs d’attaque.

Une puissante offensive prévue pour le 6 octobre, doit essayer d'enlever la totalité de la 2e ligne allemande, c'est-à-dire la ligne de hauteurs Est-Ouest jalonnée par les buttes de Tahure et de Souain, la ferme Navarin, et qui s'étend à l'Ouest jusqu'à la vallée de la Suippe. Mais cette fois l'ennemi n'est pas surpris, partout il a renforcé son front, établi de nouvelles lignes, des tranchées aux noms évocateurs : tranchées des Tentonnes, des Gretchen, des Vandales, des Satyres, de la Kultur (ces noms, portés sur les plans directeurs, ont été donnés non par les Allemands, mais par nos états-majors), et reçu des renforts et massé de l'artillerie

Le 6 octobre, les unités de la 56e DI attaquent en vain. Les compagnies buttent sur un enchevêtrement de fils de fer barbelés La 23e compagnie du 294e tente un coup de main sur les organisations du bois P18 ; mais est arrêtée sous les réseaux ennemis profonds et intacts. Le régiment attaque à la baïonnette le même point, à 3 heure de l’après midi le 8 et s’empare des trois premières tranchées ennemies (tranchée des satyres), tandis qu’un tir de barrage empêche le débouché du 354e RI placé en réserve. L’ennemi contre-attaque sans aucun succès mais les mitrailleuses ennemies prennent les tranchées conquises de flanc et, sous leur protection des détachements progressent, menaçant de couper nos communications. Des combats corps à corps s’engagent et devant l’arrivée de renforts ennemis les unités d’attaque regagnent leurs parallèles de départ avec des pertes énormes : 800 hommes du 294e (Les carnets de l'aspirant Laby, op cité). Le 5e bataillon a perdu tous ses officiers au cours de l’opération et le 6e bataillon n’en compte plus que quatre. Malgré ses efforts l’ennemi ne peut nous déloger de nos parallèles ; le régiment est relevé le 9 et après être resté quelques jours en réserve à Bussy-le-Château va s’installer au repos à Sarry pour y être reconstitué.

Le 15 novembre, le 294e RI va occuper les tranchées de première ligne du secteur au nord de Souain à l’est de la ferme de Navarin (Hering).

[modifier] 1916

Plaque dans le monument ossuaire de la ferme de Navarin à Souain (Champagne)
Plaque dans le monument ossuaire de la ferme de Navarin à Souain (Champagne)

Le Régiment tient le secteur de Souain - ferme de Navarin pendant l’hiver 1915-1916. Secteur très agité où le service est rendu très pénible du fait du mauvais temps, du terrain profond et des nombreux travaux à exécuter. Au cours de cette période le Régiment organise le secteur. Aucun engagement d’Infanterie à signaler jusqu’en février, par contre, de nombreuses démonstrations d’artillerie pour détruire de part et d’autre les organisations de première ligne. Le 12 février, l’ennemi ayant réussi à prendre pied dans une tranchée avancée à gauche du 294e R.I. (Saillant du Bonnet-d’Evêque) un bataillon du Régiment prend part à la reprise de cette position. Le 28, les Allemands s’emparent à droite du 294e de la ferme de navarin située dans le secteur voisin.

Bataille de Verdun

Le 16 mai, le Régiment relève le 108e R.I. en première ligne au Nord du Ravin de la Dame sa droite appuyée à la ferme de Thiaumont. C’est l’époque où l’ennemi lance des attaques inconscientes pour s’emparer du fort de Vaux.Afin d’opérer une diversion notre commandement prépare une contre-offensive sur Douaumont. Du 16 au 21, des actions de détails sont menées par la Division pour s’emparer des lignes de départ favorables à l’action principale. A gauche, la 112e Brigade s’empare des carrières d’ Haudromont. Au cours de cette période la lutte d’artillerie est formidable et pour permettre aux hommes de s’abriter il n’existe ni abris, ni tranchées, ni boyaux, ces derniers étant aussitôt détruits qu’ébauchés. L’attaque principale est donnée le 22 au matin ; le 3e C.A. en liaison avec le 294e R.I. parvient à enlever le fort et réussit à s’y maintenir pendant 20 heures. Le Régiment s’empare de la première ligne ennemie que les contre-attaques répétées du Régiment de la Garde Prussienne ne parviennent pas à nous enlever. Cette position située à la crête battue de flanc par l’artillerie et les mitrailleuses, elle doit être évacuée à la nuit. Les 23-24 et 25, les Allemands passent à l’offensive malgré la progression de nos hommes dans le secteur à gauche du régiment, nos hommes merveilleux de courage résistent à quatre attaques menées par des forces importants et font subir à l’assaillant des pertes énormes. L’emplacement de la ferme de Thiaumont où l’ennemi a réussi à s’infiltrer est repris par une contre-attaque immédiate du 5e Bataillon.

Bataille de la Somme

Après avoir été transporté en chemin de fer dans la région d’Amiens (débarquement à Boves), le 28 septembre, le 294e R.I. relève en première ligne devant Morval le 73e R.I. et des éléments de l’Armée Anglaise. Entre le 1er et le 6 octobre, de nombreux combats sont livrés pour rectifier nos lignes en vue d’une action importante. Le 7 octobre le Régiment (formant la gauche de la 56e D.I.) en liaison avec le 1er C.A. attaque en liaison avec l’Armée Anglaise à gauche, avec le 355e à droite et progresse jusqu’aux lisières de Sailly-Saillisel s’emparant de la première ligne ennemie faisant des prisonniers et capturant un matériel d’artillerie important. Le combat continue les 8 et 9 octobre pour appuyer la droite de l’Armée Anglaise, laquelle soumise au feu de nombreuses mitrailleuses ennemies a éprouvé beaucoup de difficultés à progresser. Le 25, le 294e occupe le secteur de Cléry qu’il ne quitte que le 4 décembre. Secteur très agité où les actions d’artillerie se succèdent sans relâche et que le mauvais temps et les travaux à effectuer rendent très pénibles

[modifier] 1917

Offensive de l'Aisne

Le Régiment reste en réserve à Dhuizel les 16 et 17 avril, puis est mis le 18 à la disposition de la 127e D.I. dont il relève les éléments de gauche en première ligne (355e R.I.). Le 20, le 4e Bataillon s’empare des villages d’Aizy et de Jouy, puis des pentes Sud du Mont Sans Pain et du Mont des Roches. Ce succès nous rend maître d’un matériel très important comprenant notamment 6 canons et une très grande quantité de munitions d’artillerie. Jusqu’au 4 mai, le Régiment s’organise sur le terrain conquis à portée d’assaut de la ligne Mindenburg. Le régiment, aile gauche de la Division, d’un élan magnifique, atteint tous ses objectifs et s’empare de toute la première position ennemie : tranchée de la Miche, le Panthéon, les Bovettes et la carrière des Bovettes, faisant 400 prisonniers et s’emparant d’un nombreux matériel dont 5 mitrailleuses.

Le Régiment relevé dans la nuit du 9 au 10 mai par le 172e R.I. gagne par voie de terre les cantonnements de repos dans la région de Soisson. Le 19 mai, Septmonts est traversé par le 26e BCP qui manifeste sa grogne en chantant l'Internationale.

Le 22 mai, le Régiment remonte en ligne et relève le 172e R.I. Le 25 une attaque allemande déclenchée au petit jour permet à l’ennemi de prendre pied dans nos éléments avancés du saillant de Bovettes. Appuyées par deux compagnies du 26e Bataillon Sénégalais, nos fractions de réserve contre-attaquent aussitôt et nettoient d’ennemis les carrières de Bovettes, y faisant 40 prisonniers et s’emparent de 2 mitrailleuses. Les nombreuses tentatives faites par l’ennemi pour récupérer ces carrières échouent malgré une préparation d’artillerie intense

[modifier] 1918

Le 28 octobre 1918, le Régiment est dissout par ordre du G.Q.G. La moitié des cadres et de la troupe est utilisée pour la constitution du 17e R.I. de Tirailleurs. Le régiment a vécu les quatre ans trois mois de guerre et prit part à la plupart des affaires de la campagne.

[modifier] Entre-deux-guerres

[modifier] Seconde Guerre mondiale

  • Remis sur pied en 1939-1940.

[modifier] Traditions et uniformes

[modifier] Insigne

[modifier] Devise

[modifier] Personnages célèbres ayant servi au 294e RI

  • Marcel Batreau, ancien combattant de 14-18 et résistant du quartier Saint-Remi à Reims.
  • Lucien Laby (1892-1982) est le fils d’un pharmacien, ancien adjoint au maire de Reims, installé dans la Somme au moment de la déclaration de guerre. Il est alors élève de l’école du service de Santé de Lyon et il est nommé médecin auxiliaire dans le groupe des brancardiers divisionnaires de la 56eDivision d'Infanterie. Il participe à l’offensive de Lorraine, puis à la retraite, avant de stationner tout près de chez lui, dans la Somme. En avril 1915, désireux de s’illustrer sur le champ de bataille, il demande à être affecté au 294e RI, avec lequel il est engagé dans l’offensive de Champagne en septembre 1915, à Verdun en mai 1916, sur la Somme en septembre et enfin au Chemin des Dames au printemps de 1917. Muté ensuite dans une ambulance chirurgicale automobile près de Belfort, il voit alors ses conditions d’existence changer du tout au tout. En 1918 la maladie (dont la grippe espagnole) l’éloigne durablement de sa tâche. Il fait partie des troupes qui entrent en libérateurs à Mulhouse et Strasbourg en novembre.

[modifier] Voir aussi :

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

Historique succinct du 294e RI – Document dactylographié sans référence – Numérisé par Jean-Luc DRON

Le front de Champagne

Le monument-ossuaire de « La Ferme de Navarin » à Sommepy-Tahure ( Marne)

[modifier] Notes

  1. Service Historique de la Défense, Décision N° 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007

[modifier] Sources et bibliographie

  • Les carnets de l'aspirant Laby, médecin dans les tranchées, 28 juillet 1914 - 14 juillet 1919. Editions Bayard, Paris, 2001, existe en format poche. En 1914, Lucien Laby, 22 ans, originaire de Reims est élève de l'Ecole du Service de santé militaire de Lyon. Au déclenchement de la guerre, il est affecté au 294e RI où il devient de facto médecin de bataillon, en charge des premiers secours et évacuations, depuis les postes de soins situés aux premières lignes. Chaque jour il prend la peine d'écrire ce qu'il vit au front, en illustrant parfois lui-même ces textes. Un récit poignant.
  • Le siècle de Verdun, Documentaire de Patrick Barberis, France, 2006, 52mn, Coproduction : ARTE France, Image et Compagnie, ARTE France. Documentaire qui retrace les différentes étapes de la construction de la mémoire de Verdun en France et en Allemagne depuis la fin de la bataille en 1916 jusqu'à notre époque contemporaine. Il montre l'évolution selon les périodes de la symbolique attachée à la bataille de Verdun dans les deux états. Un commentaire sur des images factuelles contemporaines du site de Verdun, des images d'archives, alterne avec les interviews d'Antoine PROST, historien, professeur d'Université à Paris 1, de Gerd KRUMECH, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Düsseldorf, de Pierre LABORIE, directeur d'études à l'E.H.E.S.S., et les témoignages de Marcel BATREAU, fantassin français du 294e et d'Ernst WECKERLING, fantassin allemand