Troisième Guerre indo-pakistanaise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Troisième Guerre indo-pakistanaise
Informations générales
Date 3 décembre 1971 - 16 décembre 1971
Lieu Bangladesh (de nos jours) et frontières ouest indo-pakistanaise
Issue Indépendance du Bangladesh
Belligérants
Inde Inde Pakistan Pakistan
Commandants
Inde Sam Manekshaw
Inde J.S. Aurora
Inde G.G Bewoor
Inde K. P. Candeth
Pakistan Gul Hassan Khan
Pakistan Abdul Hamid Khan
Pakistan Tikka Khan
Pakistan A. A. K. Niazi
Pertes
3 843 tués
9 851 blessés
Nombre de tués et de blessés inconnu
Guerre indo-pakistanaise
Le paramètre "batailles" est ici obligatoire. Consultez la syntaxe pour mettre à jour la section.

La troisième guerre indo-pakistanaise de 1971 a abouti à l'indépendance du Bangladesh. Les deux États issus de la Partition de l'Inde s'étaient déjà affrontés en 1947-1948 et en 1965, à propos du Cachemire.

Sommaire

[modifier] La répression au Pakistan oriental

En 1970, la ligue Awami, une formation politique du Pakistan oriental revendique l'indépendance de ce qui va devenir le Bengladesh. Depuis la Partition de l'ancien empire britannique des Indes en 1947, le Pakistan, État fondé sur son entité musulmane, est alors constitué de deux entités : le Pakistan occidental (correspondant au Pakistan actuel), et le Pakistan oriental (le Bangladesh actuel), distant de plus de 1 500 kilomètres et enclavés à l'Est de l'Inde. Les Pakistanais orientaux (qui sont Bengalis, comme les habitants de l'État indien du Bengale occidental, dont Calcutta est la capitale) considèrent que leur participation au pouvoir est largement insuffisante. Lors d'élections législatives en mars 1971, la ligue Awami dirigée par Mujibur Rahman, remporte pour la première fois la majorité simple, et revendique la formation du gouvernement. Le président et général pakistanais, Yahya Khan, appuyé par son successeur Zulfikar Ali Bhutto, refuse et interdit la Ligue Awami le 25 mars 1971. Le lendemain, Ziaur Rahman, officier rebelle de l'armée pakistanaise déclare l'indépendance du pays au nom de Mujibur Rahman.

La réaction du pouvoir pakistanais, et en particulier de l'armée, majoritairement composée de Penjabis, est violente. Alors que la ligue Awami forme un gouvernement en exil soutenu par le gouvernement indien, la répression militaire d'Islamabad rencontre une résistance indépendantiste facilement matée (malgré la création d'un foyer de guérilla, la Mukti Bahini). Selon les estimations, elle aurait causé entre 500 000 et 3 000 000 de décès de civils bengalis, un bilan alourdi notamment par des épidémies de choléra.

[modifier] La réaction de l'Inde

Mouvements des troupes indiennes et des réfugiés pendant la guerre de libération du Bangladesh
Mouvements des troupes indiennes et des réfugiés pendant la guerre de libération du Bangladesh

Ces évènements provoquent en quelques mois l'exode de près de 10 millions de réfugiés en Inde. Le gouvernement indien accumule ses forces le long de la frontière du Cachemire et soutient activement le mouvement indépendantiste. Les Indiens attendent l'hiver pour intervenir, afin d'éviter un soutien chinois au profit des Pakistanais. Le 3 décembre 1971, l'aviation pakistanaise attaque préventivement plusieurs bases aériennes indiennes, ce qui permet à l'armée indienne de répliquer : elle lance une offensive éclair sur le Pakistan oriental, le théâtre d'opération du Cachemire n'est pas concerné. L'armée pakistanaise, isolée dans ce territoire, accepte la défaite au bout de treize jours. Les opérations militaires ont coûté la vie à entre 10 000 et 30 000 soldats des deux camps. Le Bangladesh devient effectivement indépendant en janvier 1972, Mukibur Rahman prit la tête de son premier gouvernement.

Le Pakistan a été fermement soutenu par la diplomatie des États-Unis, alors menée par Henry Kissinger sous la présidence de Richard Nixon. Les relations entre Inde et États-Unis sont au plus bas[1], Nixon et Kissinger estiment que l'Inde cherche à assoir sa situation dans la région par une démonstration de force[2]. L'Inde est à ce moment-là une nation proche de l'URSS (un traité de coopération militaire indo-soviétique a été signé la même année) même si elle demeure une nation non-alignée. Le soutien est principalement diplomatique puis, alors que le Pakistan est au bord de la déroute militaire, un porte-avions américain est envoyé dans le golfe du Bengale pour intimider le gouvernement indien et lui faire conclure un cessez-le-feu. L'objectif de la Maison blanche est de prévenir l'annexion du Cachemire par l'Inde qui pourrait entrainer la destruction du Pakistan ; il s'agit de donner des gages de sécurité aux alliés, contrer les manœuvres subversives des soviétiques et poursuivre le rapprochement avec la Chine, alliée du Pakistan qui sert d'intermédiaire entre les deux pays.

L'une des conséquences de cette guerre, outre la création d'un État dont la population est l'une des dix premières du monde, et un sévère affaiblissement du Pakistan, est la répartition équilibrée de la population musulmane du sous-continent indien dans trois pays, soit environ 150 millions d'individus, actuellement, pour chacun d'entre eux : Pakistan, Inde et Bangladesh.

[modifier] Références

  1. Kissinger qualifie, dans une conversation informelle avec le Président Nixon, les Indiens de « bâtards », le 5 novembre 1971 consécutivement aux rencontres avec la Premier Ministre Indira Gandhi, cf article de la BBC du 29 juin 2005
  2. cf Henry Kissinger, A la Maison blanche 1968-1973, Fayard, paru en 1979, p927-937 notamment p934 : « [L'indépendance du Bangladesh] risquerait de créer un précédent à la création d'autres États musulmans, taillés cette fois dans la chair de l'Inde [...]. Tout cela démontrait aux froids stratèges de New Delhi que sa naissance devait s'accompagner d'une démonstration fracassante de la prédominance indienne dans le sous-continent. »

[modifier] Liens externes