Grotte de Lascaux

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45° 03′ 13″ N 1° 10′ 12″ E / 45.05369, 1.17

Grotte de Lascaux

Grotte de Lascaux, la « licorne »
Latitude
Longitude

45° 03′ 13″ Nord
         01° 10′ 12″ Est
/ 45.05361, 1.17
 [1]

Pays France France
Région Aquitaine
Dordogne (département)
Vallée vallée de la Vézère
Localité voisine Montignac
Voie d'accès  ?
Altitude de l'entrée
Longueur connue  ?
Période de formation  ?
Type de roche calcaire
Signe particulier grotte ornée
Température 14°C
Cours d'eau souterrain
Occupation humaine entre environ 18 000 et 15 000 ans BP

Plan de la grotte
Grotte - Spéléologie |  v · d · m 

La grotte de Lascaux est l'une des plus importantes grottes ornées paléolithiques par le nombre et la qualité esthétique de ses œuvres. Elle est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l'art pariétal ». Les peintures et les gravures qu'elle renferme n’ont pas pu faire l’objet de datations directes précises : leur âge est estimé entre environ 18 000 et 15 000 ans avant le présent à partir de datations et d’études réalisées sur les objets découverts dans la grotte. Elles ont longtemps été associées au Magdalénien ancien, mais les dernières études montrent qu’elles pourraient dater du Solutréen qui le précède.

Sommaire

[modifier] Géographie et contexte géologique

La grotte est située dans le Périgord noir, sur la commune de Montignac (Dordogne), à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Périgueux.

Elle s'ouvre sur la rive gauche de la Vézère, dans une colline calcaire au sein de l'étage coniacien (Crétacé supérieur). Contrairement à de nombreuses autres grottes de la région, la grotte de Lascaux est relativement « sèche ». En effet, une couche de marne imperméable l’isole de toute infiltration d’eau, empêchant toute nouvelle formation de concrétion de calcite.

[modifier] Historique[2],[3]

[modifier] Découverte[4]

La grotte est découverte le 12 septembre 1940, par quatre adolescents à la recherche du chien de l'un d'entre-eux disparu dans un trou étroit révélé par la chute d'un pin foudroyé : Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agnel et Simon Coencas avertissent rapidement leur ancien instituteur, Léon Laval. Le préhistorien Henri Breuil, réfugié dans la région pour fuir l’occupant, est le premier spécialiste à visiter Lascaux, le 21 septembre 1940, en compagnie de Jean Bouyssonnie, d'André Cheynier, bientôt suivis de Denis Peyrony et de Henri Begouën. H. Breuil est aussi le premier à l'authentifier, la décrire et l'étudier[5]. Il entreprend les premiers relevés dès la fin de l'année 1940 et passe plusieurs mois sur place pour étudier les œuvres qu’il attribue au Périgordien (voir Datation).

Après plusieurs années passées en Espagne, au Portugal et en Afrique du Sud, il revient en 1949 et entreprend des fouilles avec Séverin Blanc et Maurice Bourgon au pied de la scène du puits où il espère trouver une sépulture. Il y met au jour des pointes de sagaies décorées en bois de renne.

De 1952 à 1963, à la demande de Breuil, de nouveaux relevés sont réalisés sur 120 m² de calques par André Glory qui comptabilise 1 433 représentations (aujourd’hui, 1 900 sont répertoriées).

Par la suite, les représentations pariétales sont également étudiées par Annette Laming-Emperaire, André Leroi-Gourhan et, de 1989 à 1999, par Norbert Aujoulat [3].

[modifier] Classement

La grotte est classée parmi les Monuments historiques l'année même de sa découverte, le 27 décembre 1940.

En octobre 1979, elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco, parmi différents sites et grottes ornées de la vallée de la Vézère.

[modifier] Exploitation touristique et problèmes de conservation

En 1948, l'accès à la grotte est aménagé afin de permettre des visites touristiques qui vont se multiplier rapidement et mettre en péril la conservation des figurations pariétales. D’importants travaux de terrassement sont lancés et modifient le niveau et la nature des sols. Un éclairage électrique est installé et un escalier est mis en place pour accéder aisément à la salle des Taureaux. L’entrée est close par une lourde porte de bronze.

Dès 1955, les premiers indices d'altération sont constatés. Ils sont dus à un excès de dioxyde de carbone induit par la respiration des visiteurs, qui provoque une acidification de la vapeur d'eau expirée corrodant les parois. En 1957 est mis en place un premier système destiné à régénérer l'atmosphère et à stabiliser la température et l'hygrométrie. Les visites continuent pourtant à se succéder au rythme effréné de plus de 1 000 touristes par jours, dégageant environ 2 500 litres de dioxyde de carbone et 50 kg de vapeur d’eau dans une cavité dont le volume est relativement faible, de l’ordre de 1 500 m³ [4]. A. Glory, qui effectue des relevés durant cette période, doit travailler la nuit pour ne pas perturber le rythme des visites.

En 1960, la « maladie verte » fait son apparition : les émanations de dioxyde de carbone liées aux visites, une température trop élevée et les éclairages artificiels permettent la dissémination de colonies d'algues sur les parois. L’enrichissement de l’atmosphère en dioxyde de carbone génère la « maladie blanche », un voile de calcite qui se dépose sur les parois et sur certaines œuvres. En 1963, les micro-organismes continuent à proliférer malgré la mise en place de filtres à l'ozone. En avril 1963, André Malraux, alors Ministre chargé des Affaires culturelles, décide d'interdire l'accès de Lascaux au grand public.

De 1965 à 1967, l'ensemble du système de régulation thermique et hygrométrique est modifié afin de recréer les conditions de circulation des masses d'air qui avait permis la conservation de Lascaux durant des millénaires. Le principe de ce système statique de refroidissement consiste à utiliser la convection naturelle pour condenser la vapeur d'eau à un endroit déterminé.

Au début des années 1970, la réalisation d'un fac-similé d'une partie de la grotte est mise en œuvre. Elle est ouverte au public en 1983 (cf. infra Lascaux II).

En 2000, le matériel de gestion du climat de la cavité est remplacé. Au printemps 2001, Bruno Desplat et Sandrine van Solinge, les agents chargés de la surveillance du site, signalent l'apparition de moisissures dans le sas d'entrée de la grotte. Le sol se couvre en effet d'un champignon extrêmement résistant, Fusarium solani. Ce phénomène coïncide avec l'installation du nouveau système de régulation hygrothermique qui a été mal conçu. Les souches de Fusarium solani présentes dans la grotte sont résistantes au formaldéhyde employé depuis des décennies pour la désinfection des pieds des visiteurs. Le champignon s'est propagé aux peintures, bientôt recouvertes d'un duvet blanc de mycélium. Le champignon vit en symbiose avec une bactérie nommée Pseudomonas fluorescens, qui dégrade le fongicide employé jusque là. Celui-ci est donc désormais combiné à un antibiotique.

En 2002, le Ministère de la Culture met sur pied un Comité scientifique international de la grotte de Lascaux, qui doit gérer le problème. En 2006, la contamination est à peu près maîtrisée, mais toutes les deux semaines une équipe revêtue de combinaisons spéciales est chargée de débarrasser à la main les parois des filaments de mycélium qui réapparaissent malgré tout[6], [7], [8].

Quinze années de fréquentation touristique intense ont donc perturbé l'équilibre fragile qui avait permis la conservation miraculeuse de Lascaux et ont failli entraîner sa disparition.

[modifier] Description de la grotte[9]

Aurochs représenté dans la grotte de Lascaux
Aurochs représenté dans la grotte de Lascaux
Cheval représenté dans la grotte de Lascaux
Cheval représenté dans la grotte de Lascaux

La grotte de Lascaux est relativement petite : l'ensemble des galeries n'excède pas 250 m. de long pour un dénivelé d'environ 30 m. La partie décorée correspond à un réseau supérieur, le réseau inférieur étant difficilement pénétrable du fait de la présence de dioxyde de carbone.

L’entrée actuelle correspond à l’entrée préhistorique, même si elle a été aménagée et équipée d’un système de sas. L’entrée d’origine devait être un peu plus éloignée, mais son plafond s’est écroulé anciennement jusqu’à former le talus par lequel les inventeurs ont accédé à la grotte.

Pour faciliter les descriptions, la grotte est traditionnellement subdivisée en un certain nombre de zones correspondant à des salles ou des couloirs. Leurs noms imagés sont dus en partie à H. Breuil et font souvent référence à l’architecture religieuse :

  • la première salle est la salle des Taureaux ou Rotonde, longue de 17 mètres pour 6 mètres de large et 7 de haut ;
  • elle se prolonge par le Diverticule axial, une galerie plus étroite de même direction, à peu près de même longueur ;
  • depuis la salle des Taureaux, à droite du Diverticule axial, on accède au Passage, une galerie d’une quinzaine de mètres ;
  • dans le prolongement du Passage s’ouvre la Nef, un couloir plus élevé d’une vingtaine de mètres ;
  • la Nef elle-même se poursuit par une partie non décorée, les parois ne s'y prêtant pas, puis par le Diverticule des Félins (ou cabinet des Félins), un étroit couloir d’une vingtaine de mètres ;
  • l'Abside est une salle ronde s’ouvrant vers l’ouest à la jonction entre le Passage et la Nef ;
  • le Puits s'ouvre au fond de l'Abside. Son accès suppose une descente de 4 à 5 mètres jusqu’au début du réseau inférieur.

[modifier] Les découvertes archéologiques

La plupart des vestiges archéologiques découverts à Lascaux ont été recueillis par A. Glory, lors de l’aménagement des sas d’entrée et des salles, ou lors de fouilles plus méthodiques en particulier dans le Puits. Ces vestiges comprennent de l’industrie lithique (403 pièces), de l’industrie osseuse (28 pièces), de la parure (10 coquilles), de la faune (113 restes), de nombreux charbons, des macrorestes végétaux et de nombreux fragments de colorants.

Dans la Nef, la Vache se trouve sur un entablement où on a trouvé des lampes, des colorants ainsi que des restes alimentaires. Dans l’Abside, un nombre important d'objets a été abandonné (pointes de sagaies, grattoirs, burins et lampes). De nombreux vestiges ont également été découverts dans le Puits : pointes de sagaies, restes de colorants, coquillages percés et lampes, dont un exemplaire en grès rose entièrement façonné et dont le manche est orné d’un signe barbelé.

L’étude au microscope électronique des colorants découverts lors des fouilles ou prélevés directement sur certaines œuvres a montré leur très grande diversité. Les noirs correspondent à différents oxydes de manganèse, prélevés directement dans la région, et les jaunes, orangés et rouges à des oxydes de fer. Tous ont été employés purs, sans adjonction de charge minérale et sans modification thermique[10].

[modifier] Les figurations pariétales

  • La salle des Taureaux, présente la composition la plus spectaculaire de Lascaux. Ses parois en calcite se prêtant mal à la gravure, elle est uniquement ornée de peintures, souvent de dimensions impressionnantes : certaines mesurent jusqu'à cinq mètres de long.

Deux files d'aurochs se font face, deux d'un côté et trois de l'autre. Les deux aurochs du côté nord sont accompagnés d'une dizaine de chevaux et d'un grand animal énigmatique, portant deux traits rectilignes sur le front qui lui ont valu le surnom de « licorne ». Côté sud, trois grands aurochs en côtoient trois plus petits, peints en rouge, ainsi que six petits cerfs et le seul ours de la grotte, superposé au ventre d’un aurochs et difficilement lisible.

  • Le Diverticule axial est également orné de bovinés et de chevaux accompagnés de cerfs et de bouquetins. Un dessin représentant un cheval fuyant a été brossé au crayon de manganèse à 2,50 mètres du sol. Certains animaux sont peints sur le plafond et semblent s’enrouler d’une paroi à l’autre. À ces représentations, qui ont nécessité l'usage d'échafaudages, s'entremêlent de nombreux signes (bâtonnets, points et signes rectangulaires).
  • Le Passage présente un décor fortement dégradé anciennement, notamment par des circulations d'air.
  • La Nef comporte quatre groupes de figures : le panneau de l'Empreinte, celui de la Vache noire, celui des Cerfs nageant, ainsi que celui des Bisons croisés. Ces œuvres sont accompagnées de nombreux signes géométriques énigmatiques, notamment des damiers colorés que H. Breuil qualifia de « blasons ».
  • Le Diverticule des Félins doit son nom à un groupe de félins, dont l'un semble uriner pour marquer son territoire. Très difficile d'accès, on peut y voir des gravures de fauves d'une facture assez naïve. On y trouve également d'autres animaux associés à des signes, dont une représentation de cheval vu de face, exceptionnelle dans l’art paléolithique où les animaux sont généralement représentés de profils ou selon une « perspective tordue ».
  • L'Abside comporte plus de mille gravures dont certaines superposées à des peintures, correspondant à des animaux et des signes. On y trouve le seul renne représenté à Lascaux.
  • Le Puits présente la scène la plus énigmatique de Lascaux : un homme à tête d'oiseau et au sexe érigé semble tomber, renversé peut-être par un bison éventré par une sagaie ; à ses côtés est représenté un objet allongé surmonté d’un oiseau, peut-être un propulseur ; sur la gauche un rhinocéros s'éloigne. Un cheval est également présent sur la paroi opposée. Deux groupes de signes sont à noter dans cette composition :
    • entre l’homme et les rhinocéros, trois paires de ponctuations digitées que l’on retrouve au fond du Diverticule des félins, soit dans la partie la plus reculée de la grotte ;
    • sous l’homme et le bison, un signe barbelé complexe que l’on retrouve pratiquement à l’identique sur d’autres parois de la grotte mais aussi sur des pointes de sagaies et sur la lampe en grès trouvées à proximité.

Il s’agit bien ici d’une scène dont les différents éléments sont en relation les uns avec les autres, et non d’une juxtaposition d’animaux ou de signes sur une même paroi, comme c’est le plus souvent le cas dans l’art paléolithique. Pour A. Leroi-Gourhan, cette scène renvoie probablement à un épisode mythologique dont la signification est difficile à établir [9].

[modifier] Procédés artistiques

Parmi les procédés artistiques utilisés par les artistes de Lascaux, on peut citer :

[modifier] Interprétations

La grotte de Lascaux n’a livré qu’un nombre modeste de restes osseux et d’outils de silex : elle n’a jamais été un lieu d’habitation et sa fréquentation semble essentiellement liée à ses œuvres pariétales.

La faune figurée sur les parois de Lascaux est celle que l’on retrouve dans la majorité des grottes ornées de l’aire franco-cantabrique : cheval, aurochs, bison, cerf et bouquetin dominent largement suivis d’animaux plus rares et souvent dangereux ; comme l’ours, le rhinocéros et les grands félins.

Les espèces représentées ne correspondent pas aux espèces chassées et consommées : un seul renne gravé, considéré comme douteux, a été identifié alors qu’il représente la grande majorité des restes osseux mis au jour (plus de 88 %). Un art dicté par une magie de la chasse tel qu’on le concevait aux débuts du XXe siècle peut donc être écarté.

Si elles sont extrêmement réalistes en ce qui concerne les morphologies et les attitudes des animaux, les œuvres de Lascaux ne visent toutefois pas une représentation exhaustive et naturaliste de la réalité : la flore, les reliefs et même le sol sont absents des parois de la grotte, comme c’est pratiquement toujours le cas d’ailleurs dans l’art paléolithique.

Il est indéniable que certains éléments figurés, certaines associations de signes, ont une valeur symbolique. C’est probablement le cas pour les trois paires de ponctuations que l’on retrouve au fond du Diverticule des félins et dans le Puits, aux limites des zones ornées. C’est sans doute le cas également pour les signes barbelés, les « blasons » ou les alignements de points présents sur différentes parois de la grotte.

La grotte de Lascaux est considérée par A. Leroi-Gourhan comme un sanctuaire, une sorte de monument à caractère religieux.

D'après Chantal Jègues-Wolkiewiez, la grotte aurait été un centre d'observation du ciel, puis un temple orné dédié aux constellations célestes. Ainsi, les peintures de la salle des Taureaux représenteraient une carte des constellations zodiacales telles que l'on pouvait l'observer il y a 10 000 ans[11]. Cette interprétation n'a été publiée dans aucune revue à comité de lecture et est accueillie avec scepticisme par la communauté scientifique.

[modifier] Datation

Lascaux est l’un des tous premiers sites paléolithiques à avoir bénéficié de datations absolues par la méthode du carbone 14, réalisées par W.F. Libby lui-même. Cette méthode a été mise en œuvre sur des charbons de bois provenant de lampes découvertes dans le Puits. Le premier résultat obtenu (environ 15 500 ans BP) plaçait la fréquentation de Lascaux dans le Magdalénien et fut mis en doute par H. Breuil qui considérait les œuvres pariétales comme périgordiennes[12].

Un âge magdalénien fut confirmé par trois autres datations ultérieures, réalisées sur des charbons provenant des fouilles de A. Glory dans le Passage et dans le Puits. Ces datations couvrent une période allant du Magdalénien ancien au Magdalénien moyen (d’environ 17 000 ans BP à 15 000 ans BP).

Toutefois, une date d’environ - 18 600 ans, obtenue en 1998 par la méthode du carbone 14 en SMA sur un fragment de baguette en bois de renne provenant du Puits, montre que la grotte était fréquentée dès le Solutréen[13]. Les solutréens sont-ils simplement passés ponctuellement dans la grotte ou ont-ils réalisé une partie, voire la majorité ou la totalité des œuvres ?

La datation directe par le carbone 14 de peintures ou de dessins pariétaux a été possible dans certaines grottes ornées, à condition toutefois que ces œuvres aient été réalisées avec du charbon de bois. Ce n’est pas le cas à Lascaux, où la couleur noire a été obtenue en utilisant des oxydes de manganèse. Des pigments tombés au pied des parois ont été mis au jour dans les niveaux archéologiques : ils ont permis de confirmer la contemporanéité des œuvres avec certains vestiges (lamelles de silex, pointes de sagaie, aiguilles en os, lampes à suif) mais ceux-ci ne sont pas plus caractéristiques du Magdalénien que du Solutréen.

À ce jour, aucune datation directe de l'art de Lascaux n'est donc disponible. Selon N. Aujoulat[3], il existe des arguments stylistiques et thématiques qui permettent de rapprocher Lascaux d'œuvres bien datées du Solutréen plutôt que du Magdalénien :

  • présence de signes géométriques ;
  • représentation des aurochs avec la corne avant en courbe simple et la corne arrière sinueuse ;
  • humain affronté à un grand bovidé (le gisement solutréen du Roc-de-Sers a livré l'image d'un homme faisant face à un bœuf musqué).

[modifier] Lascaux II

Suite à la fermeture de la grotte au grand public et en raison de la multiplication des problèmes de conservation, un relevé stéréo-photogrammétrique de la totalité des zones ornées a été réalisé à la fin des années 1960 par l'Institut géographique national.

La société propriétaire de Lascaux se lança dans la réalisation d'une réplique d'une partie représentative de la grotte (Diverticule axial et Salle des Taureaux). Le projet fut en partie financé par la vente de l'original à l'État en 1972. Il fut suspendu en 1980 puis repris par le département de la Dordogne.

Une double coque en béton dont l'intérieur reproduit fidèlement la grotte originale fut réalisée à partir des relevés de l'IGN. Les œuvres pariétales furent ensuite reproduites par une équipe conduite par M. Peytral[14].

Situé à 200 m de l'original, le fac-similé, nommé « Lascaux II », a ouvert ses portes le 18 juillet 1983. Quelques autres reproductions de peintures (frise des cerfs, bisons adossés et vache noire de la Nef, scène du Puits) sont exposés dans la parc du Thot, à quelques kilomètres de Montignac.

[modifier] Notes

  1. coordonnées du site de lascaux identifiées sur Wikimapia
  2. Breuil, H. (1952), Quatre cent siècles d’art pariétal, Centre d'Études et de Documentation préhistoriques.
  3. abc Aujoulat, N. (2004), Lascaux - Le geste, l'espace et le temps, Seuil, ISBN 2-02-025726-2.
  4. ab Roussot, A. (1990) « Breuil et Lascaux » in Lascaux, premier chef d’œuvre de l’humanité, dans Les Dossiers d'archéologie, n° 152.
  5. Breuil, H. (1940) « Découverte d'une remarquable grotte ornée, au domaine de Lascaux, Montignac (Dordogne) », in C.R. de l'Acad. des Inscr. et Belles-Lettres, séance du 11 oct. 1940, pp. 387-390.
  6. J. Graff, « Saving Beauty », Time, 2006, vol. 167, N° 20, p. 36-42
  7. Lascaux toujours victime du Fusarium solani, article de Hominidés.com
  8. M.-A. Sire, « Lascaux : la rechute »
  9. ab Leroi-Gourhan, A. (1984), « Grotte de Lascaux », in L'art des cavernes - Atlas des grottes ornées paléolithiques françaises, Ministère de la culture.
  10. Chalmin, E., Menu, M., Pomiès, M.-P., Vignaud, C., Aujoulat, N. et Geneste, J.-M. (2004), « Les blasons de Lascaux », L'Anthropologie, t. 108, pp. 571-592.
  11. Lascaux, le ciel des premiers hommes, documentaire diffusé sur Arte le 3 novembre 2007 à 20h45.
  12. Breuil, H., (1954), « Les datations par C14 de Lascaux (Dordogne) et Philip Cave (S.W. Africa) », Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. LI, 11-12, pp. 554-559.
  13. Aujoulat, N., Cleyet-Merle, J.-J., Gaussen, J., Tisnerat, N. et Valladas, H. (1998) « Approche chronologique de quelques sites ornés paléolithiques du Périgord par datation carbone 14 en spectrométrie de masse par accélérateur de leur mobilier archéologique », Paléo, n° 10, pp. 319-323.
  14. Soutif, M. (1983) « Lascaux II, le nouveau chef d'œuvre », Géo n° 51, pp. 42-58.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • N. Aujoulat, Lascaux. Le Geste, l'Espace et le Temps, Seuil, 2004 (ISBN 2-02-025726-2).
  • G. Bataille, La Peinture préhistorique, Lascaux ou la naissance de l'art, Skira, 1994 (ISBN 2-605-00044-3).
  • H. Breuil, Quatre cent siècles d’art pariétal, Centre d'Études et de Documentation préhistoriques, 1952.
  • Collectif sous la dir. de Arl. Leroi-Gourhan et J. Allain, Lascaux inconnu, XIIe supplément à Gallia Préhistoire, CNRS, 1979 (ISBN 2-222-02178-2).
  • Collectif, sous la dir. de B.et G. Delluc, Le Livre du Jubilé de Lascaux 1940-1990, Société historique et archéologique du Périgord, supplément au tome CXVII, 1990, 155 p., ill.
  • B. et G. Delluc, 2003 : Lascaux retrouvé. Les recherches de l'abbé André Glory, Pilote 24 édition, 368 p., ill.
  • B. et G. Delluc, 2006 : Connaître Lascaux, Sud Ouest, nouvelle édition entièrement revue et très augmentée, 80 p., ill. plans et coupe.
  • Collectif sous la dir. de Arl. Leroi-Gourhan et J. Allain, Lascaux inconnu, XIIe supplément à Gallia Préhistoire, CNRS, 1979 (ISBN 2-222-02178-2).
  • A. Leroi-Gourhan, « Grotte de Lascaux », dans L'Art des cavernes. Atlas des grottes ornées paléolithiques françaises, Ministère de la culture, 1984 (ISBN 2-11-080817-9).
  • Lascaux, premier chef d’œuvre de l’humanité, Les Dossiers d’Archéologie, no 152, septembre 1990.

[modifier] Liens externes

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