Alexander von Humboldt

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Alexandre de Humboldt peint par Friedrich Georg Weitsch, 1806
Alexandre de Humboldt peint par Friedrich Georg Weitsch, 1806

Friedrich Heinrich Alexander, Baron von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt, et dont le nom est souvent francisé en Alexandre de Humboldt, est un naturaliste et explorateur allemand, né le 14 septembre 1769 à Berlin et mort le 6 mai 1859 au même lieu, le château de Tegel.

Par la qualité des relevés effectués lors de ses expéditions, il a fondé les bases des explorations scientifiques.

Alexander von Humboldt est le jeune frère du linguiste et ministre de Prusse Wilhelm von Humboldt.

Sommaire

[modifier] À la recherche de sa voie

[modifier] L'enfance

À neuf ans, à la mort de son père, Alexander est élevé par sa mère, avec son frère Wilhelm von Humboldt, de deux ans son aîné, dans l'ambiance sévère du château de Tegel, aux environs de Berlin.

Le second précepteur des Humboldt, Gottlob Christian Kunth, joue un rôle important dans la vie d'Alexander. Il transmet aux enfants Humboldt une solide connaissance en histoire, en mathématiques, et en langues. Alexander montre un intérêt prononcé pour l'histoire naturelle.

Alors que Wilhelm montre une robuste constitution, une aisance dans l'apprentissage et s'oriente dans la haute fonction publique, Alexander est frêle et apprend laborieusement. Il est orienté vers une médiocre formation en économie. Cependant, ses rapports avec le professeur von Feltion le perdirent.

[modifier] Les études

À seize ans, Alexander est présenté à Marcus Herz, médecin juif de l'académie des sciences de Berlin, et est fortement impressionné par les conférences se déroulant chez lui.

En 1788, Alexander von Humboldt étudie dans le château familial les techniques de la manufacture et le grec ancien. À dix-huit ans, il est initié à la botanique par son ami Carl Ludwig Willdenow. Il se lance, à l'université de Göttingen, dans l'étude de matières variées telles que les sciences naturelles, la physique et la chimie. Après un voyage géologique, il communique de manière érudite sur les basaltes du Rhin. C'est à Göttingen que Humboldt rencontre Georg Forster dont il deviendra le disciple et avec lequel il voyagera en Grande-Bretagne et en France pendant la période révolutionnaire.

De retour en Allemagne, Humboldt doit poursuivre ses études de commerce. Il consacre ses loisirs à la géologie, la botanique, et l'étude du suédois. Sa soif de savoir le conduit au seuil de la démence.

En 1791, Humboldt entame une formation à l'académie des mines de Freiberg, puis une carrière dans les mines avoisinantes. Il termine ses études et est directement nommé assesseur au département des mines sans avoir à servir en tant que cadet.

[modifier] Une montée foudroyante

En 1792, Humboldt rédige un important rapport sur la géologie et l'état des mines. Ce rapport le fait promouvoir inspecteur général des mines. Face à l'ignorance des mineurs qui ne savent pas distinguer un minerai d'une roche sans valeur, Humboldt ouvre clandestinement une école de formation des mineurs qu'il finance de ses propres deniers. Il refusera l'argent que le ministre von Heinitz lui enverra pour le défrayer de ses dépenses.

Humboldt fait des recherches pour augmenter la sécurité dans les mines.

En 1794, il obtient une promotion dans un bureau de Berlin, puis participe à des missions diplomatiques entre les états alliés allemands et l'armée révolutionnaire française.

En 1795, von Heinitz lui propose le poste convoité de directeur des mines de Silésie, dans le sud-est de la Prusse. Humboldt refuse et abandonne le service public.

[modifier] Ses recherches sur l'électricité

Humboldt fait des expériences sur les animaux, sur l'effet de l'électricité, qu'il pense être contenue dans les nerfs, et mise en évidence par l'application de deux métaux différents. Il utilise même son propre corps pour ses expériences. En 1797, il publie ses Expériences sur le muscle et la fibre nerveuse excités, avec des conjectures sur le processus chimique de la vie dans le monde animal et végétal. Alessandro Volta montre en 1795 que ce sont les métaux qui créent l'électricité et invente la pile électrique en 1800. Humboldt gardera toute sa vie l'amertume de ne pas avoir fait la distinction entre les effets physiologiques et électriques, et de ne pas en avoir déduit les principes de la pile.

[modifier] Le départ des mines pour Paris

En 1796, la mort de sa mère le libère de ses dernières attaches familiales et des soucis d'argent grâce à cet héritage.

L'année suivante, en 1797, il démissionne des mines. Avec son ami von Buch, il va faire des observations scientifiques dans le Tyrol. C'est là qu'il mettra au point la méthode de relevés météorologiques qui sera utilisée dans le monde entier.

Une expédition en Égypte avec Lord Bristol, que Humboldt devait joindre, est annulée par l'invasion de Bonaparte.

Humboldt dit qu'il n'y a qu'un avantage à retirer de la situation présente, c'est l'élimination du système féodal et de tous les privilèges de la noblesse [...]. Humboldt s'installe à Paris, qui est à cette époque la capitale intellectuelle de la planète.

[modifier] Expédition en Amérique

[modifier] D'une expédition à l'autre

L'expédition américaine d'Alexander von Humboldt
L'expédition américaine d'Alexander von Humboldt

L'amiral Louis-Antoine de Bougainville, célèbre navigateur et explorateur, et héros de son enfance, lui propose de participer à une expédition en Amérique du Sud, au Mexique, en Californie, à travers le Pacifique, puis au pôle Sud. Bougainville sera remplacé par Baudin. Une guerre avec l'Autriche entraine le Directoire à annuler l'expédition.

Le botaniste Aimé Bonpland devait, comme Humboldt, participer à l'expédition de Baudin. Ils deviennent amis et décident de rejoindre l'expédition savante qui suit les troupes napoléoniennes en Égypte. Le bateau qu'ils devaient prendre ne parvient jamais à Marseille, où ils sont venus l'attendre. Ils décident alors d'aller à pied en Espagne pour prendre un bateau pour Smyrne. Pendant les six semaines de trajet, Humboldt fait de méticuleux relevés géographiques.

Humboldt est présenté au roi et à la reine d'Espagne. Il obtient des passeports avec le sceau royal qui garantit aux voyageurs l'assistance des autorités qu'ils rencontrent. Bonpland devient officiellement compagnon et secrétaire de Humboldt. Humboldt et Bonpland sont les premiers à effectuer une exploration scientifique digne de ce nom. L'ambition majeure de Humboldt pendant son voyage aux Amériques est de découvrir l'interaction des forces de la nature et les influences qu'exerce l'environnement géographique sur la vie végétale et animale.

Le 5 juin 1799, ils embarquent, à La Corogne, à bord de la corvette « Le Pizarro » à destination du Venezuela, et après une escale aux Canaries, ils arrivent le 16 juillet à Cumaná au Venezuela, à l'est de Caracas. Pendant la navigation, Humboldt fait des mesures astronomiques, météorologiques, de magnétisme, de température et de composition chimique de la mer.

Humboldt et Bonpland dans la jungle.Tableau d'Eduard Ender (v. 1850).
Humboldt et Bonpland dans la jungle.
Tableau d'Eduard Ender (v. 1850).

En Amérique, il a un profond dégoût pour la façon dont se vendent et s'évaluent les esclaves, même si c'est dans les possessions espagnoles qu'ils sont le moins maltraités. Chateaubriand dira de lui dans son édition de 1827 de Voyages en Amérique : ”En Amérique, l'illustre Humboldt a tout peint et tout dit“.

[modifier] Le haut Orénoque

Humboldt et Bonpland explorent la forêt tropicale pour tenter de confirmer la présence, considérée comme impossible, d'un canal naturel entre l'Orénoque et l'Amazone, le Canal de Casiquiare, et de localiser le lieu exact de la source de l'Orénoque. Ils récoltent de nombreux spécimens d'animaux et de plantes inconnus, et Humboldt relève méticuleusement la température du fleuve, du sol et de l'air, et la pression atmosphérique, l'inclinaison magnétique, la longitude et la latitude.

À Calabozo, Humboldt fait capturer des anguilles électriques (Electrophorus electricus) pour poursuivre son étude sur l'électricité dans le monde animal.

À San Fernando, ils prennent des pirogues avec un pilote, et des indiens pour pagayer. Certains passages doivent se passer en faisant porter la pirogue à travers la forêt. Les piqûres de moustiques, dont toutes les espèces se relaient pour se nourrir tout au long de la journée, les font cruellement souffrir.

Plan du Canal de Casiquaire dressé par Humboldt
Plan du Canal de Casiquaire dressé par Humboldt

Il quittent l'Orénoque aux eaux fangeuses pour l'Atabapo, un affluent aux eaux claires et limpides, puis passent par d'étroits canaux à travers la forêt. Il font porter leur pirogue sur onze kilomètres jusqu'à un affluent de l'Amazone. Vingt-trois Indiens pendant trois jours sont nécessaires. Il leur a fallu trente-six jours tassés dans leur pirogue et assaillis par les parasites de tout type pour atteindre l'Amazone.

Humboldt décide de remonter un affluent de l'Amazone vers le canal de Casiquiare dont il relève rigoureusement la position. Humboldt et Bonpland ne sont pas les premiers Européens à emprunter cette voie, mais la rigueur de leurs relevés et des descriptions qu'ils font, fait qu'il n'y a plus de doutes à l'existence d'un passage navigable entre l'Amazone et l'Orénoque. Le parcours du Cassiquaire dure vingt jours, durant lesquels les insectes sont omniprésents.

[modifier] De La Havane à Quito

Le 24 novembre 1800, Humboldt et Bonpland embarquent pour Cuba. Durant la première partie de cette expédition, qui a duré un an, ils ont récolté de nombreux animaux, et 20 000 spécimens botaniques. Le tiers de leur récolte est détruit par l'humidité et les insectes, mais le bilan reste néanmoins considérable. Ils envoient leurs collections morcelées pour être certains que quelques parties arriveront. Une série sera envoyée par le fond, une autre capturée par les Britanniques (puis restituée à Humboldt par un acquéreur, des années plus tard).

Le 6 janvier 1802, ils arrivent à Quito, où ils font la connaissance du jeune créole Carlos Montufar, qui les suivra au cours de nombreux périples à venir.

[modifier] Les Andes

Humboldt apprend que Baudin a quitté la France et doit arriver à Lima, au Pérou. Pour éviter l'absence d'alizés, Humboldt et Bonpland décident de passer par voie de terre le long des Andes. Ils passent douze mois en altitude à travers les volcans. Ils ont les pieds en sang, mais refusent toujours de faire comme l'aristocratie locale : se laisser porter par des Indiens dans des chaises fixées sur leur dos.

Humboldt et Aime Bonpland au pied du volcan Chimborazo, peinture de Friedrich Georg Weitsch (1810)
Humboldt et Aime Bonpland au pied du volcan Chimborazo, peinture de Friedrich Georg Weitsch (1810)

Humboldt s'assure une renommée mondiale en gravissant le Chimborazo, sommet considéré à l'époque comme le plus élevé du monde. En fait, contrairement à ce que l'on croit communément, le Chimborazo est réellement le sommet le plus éloigné du centre de la terre, même si son élévation au dessus du niveau de la mer est sensiblement moins élevé que celui de l'Himalaya, par exemple. Cela tient à l'aplatissement de la Terre qui fait qu'elle n'est pas parfaitement sphérique et au fait que le Chimborazo est très près de l'équateur. L'ascension du Chimborazo débute le 23 juin 1802. Ils ne purent arriver au sommet, arrêtés qu'ils furent, à quelques centaines de mètres, à la fois par une profonde crevasse et par le manque d'oxygène. Ils s'élevèrent néanmoins à la plus haute altitude qu'on eût jamais atteinte alors : ils atteignent 5 878 m, le Chimborazo culminant à 6 310 m.

Humboldt effectue des observations dans le domaine de la sismologie et de la phytogéographie, il publiera une carte de végétation[1] du volcan à son retour. Il déduit des alignements de volcans que les chaînes de montagnes se sont formées le long de failles géologiques. Ancien disciple des neptuniens, théorie qui dit que les roches se sont formées à partir de sédiments liquides, il change radicalement d'avis et se convertit au plutonisme.

Apprenant que Baudin ne fera pas escale à Lima, Humboldt, Bonpland et Montufar se dirigent vers le Pérou. Ils font un bref passage près des sources de l'Amazone puis rejoignent les Andes. L'expédition regagne Lima le 22 octobre 1802.

Humboldt prélève du guano pour en faire faire l'analyse en Europe. C'est lui qui fera connaître à l'Europe et l'Amérique du Nord ses propriétés fertilisantes.

Humboldt et ses compagnons quittent l'Amérique du Sud et passent l'année 1803 à parcourir le Mexique : le 23 mars, ils débarquent à Acapulco, après une traversée des plus tourmentées; en avril, ils sont à Mexico. Humboldt écrira son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne, le premier essai de géographie régionale, dans lequel il ne fait qu'un récit sommaire de ses voyages.

Il embarque ensuite pour la Havane pour y récupérer ses collections déposées il y a plus de trois ans.

[modifier] Passage aux États-Unis

Estimant de son devoir de saluer Thomas Jefferson, président des États-Unis, il prolonge son voyage et va vers Philadelphie, capitale du pays peu auparavant. Humboldt est accueilli par la Société américaine de philosophie, construite sur le modèle de la Royal Society de Londres. Humboldt passe la plus grande partie de son temps avec les membres de la Société. Bonpland et Montufar, ne parlant pas anglais, ont un rôle se limitant de plus en plus à celui de figurants. Humboldt rencontre Jefferson avec lequel ils ne parlent que d'histoires naturelles, des coutumes différentes selon les pays, et du moyen d'élever le niveau de vie. Les deux hommes s'entendent si bien que Jefferson invite Humboldt à loger chez lui.

[modifier] Bilan de l'expédition

L'expédition de Humboldt et Bonpland, d'une durée de cinq ans, a coûté à Humboldt le tiers de son capital. C'est l'une des plus remarquables expéditions scientifiques, avec une moisson de données d'une valeur scientifique encore plus importante que les spécimens qu'ils ont pu rapporter.

[modifier] De retour en Europe

Il arrive au large de Bordeaux le 1er août 1804.

Après avoir fait un récit de son voyage à l'Institut de France, Humboldt est considéré par les plus grands scientifiques de son temps, comme une véritable encyclopédie ambulante. Paris est la capitale de la science et, malgré la demande de son frère de rentrer en Prusse et les rentes qu'il pourrait y recevoir sans efforts, Humboldt décide d'y rester pour trier ses collections et préparer un ouvrage monumental à partir de son expérience.

Humboldt assiste à des réunions avec les plus grands savants de son époque : Berthollet, Laplace, Gay-Lussac. Avec ce dernier, il entreprend un voyage en Italie pendant lequel il rencontre le révolutionnaire vénézuélien Simón Bolívar.

En 1805, Humboldt est à Berlin, où il est nommé Chambellan du roi. Il travaille avec une équipe à regrouper, ordonner et mettre au propre les données qu'il a recueillies. Il fait des mesures de magnétisme jour et nuit et remarque que l'aiguille varie selon l'heure.

Humboldt publie son Aspect de la nature, ouvrage de vulgarisation qui est son livre le plus populaire.

En janvier 1808, Humboldt est envoyé par le roi de Prusse avec le prince Guillaume en ambassade à Paris pour faire diminuer le montant de indemnités de guerre. Humboldt reste à Paris et peut se consacrer à ses travaux. Depuis que la France a envahi la Prusse, Humboldt ne reçoit plus de revenus de ses domaines. Il vit à Paris dans une chambre meublée qu'il partage avec Gay-Lussac. Il ne dort jamais plus de trois à quatre heures par jour.

Depuis 1807, il est étroitement surveillé par la police française parce qu'il est allemand et que sa correspondance privée reflète les opinions politiques des salons parisiens. Il écrit de 1 000 à 2 000 lettres par an. Humboldt passe 25 années à Paris durant lesquelles il publie son Voyage interminable sur l'Amérique du Sud.

En 1809, il rencontre François Arago, de quinze ans son cadet, avec lequel il sympathisera et qui restera un proche jusqu'à la fin de sa vie. Ils font des expériences ensemble à l'Observatoire.

En 1826, Humboldt reçoit une lettre du roi de Prusse l'enjoignant de quitter Paris. Il ne peut désormais y passer que quatre mois de vacances par an. Humboldt exerce ses fonctions de chambellan à Berlin, où le pouvoir est très conservateur et répressif. Humboldt est beaucoup haï pour ses idées libérales.

En 1828, Humboldt obtient beaucoup de succès en donnant des cours à l'université, puis des conférences devant un public plus large. La communauté scientifique ne fait pas à Berlin, comme à Paris, des réunions savantes pour confronter les idées. Humboldt organise une réunion de l'Association Scientifique à Berlin, à laquelle participent six cents savants parmi les plus renommés.

[modifier] L'expédition en Sibérie

En 1827, le ministre des finances russe demande à Humboldt son avis sur l'émission de pièces frappées en platine. Le cours du platine étant instable, Humboldt émet un avis défavorable et suggère d'aller étudier les mines de l'Oural. En mars 1829, Humboldt se rend en Russie aux frais de l'empereur, avec Gustave Rose, professeur de chimie et de minéralogie, C. G. Ehrenberg, zoologiste, et un domestique. En Russie, il est accueilli comme une importante personnalité officielle. Il partage ses repas avec la famille du tsar. Au départ de Moscou, l'expédition s'est agrandie de responsables de l'industrie minière, et de bureaucrates des autorités locales.

Humboldt passe un mois à étudier les mines de l'Oural. Grâce à la présence de filons de platine et de sables aurifères, il prédit la présence de diamants dans l'Oural. Humboldt et Rose scrutent au microscope chaque gisement d'or qu'ils rencontrent. C'est le comte Polier, propriétaire de tels gisements, et à qui Humboldt a fait part de sa théorie, qui trouvera le premier diamant de l'Oural.

L'expédition traverse la Sibérie jusqu'à l'Altaï. Comme à son habitude, Humboldt fait des mesures barométriques. Humboldt et ses compagnons reviennent après six mois d'expédition, et après avoir parcouru près de dix-neuf mille kilomètres. Humboldt y a étudié et simulé la mise en place d'un réseau de stations magnétiques et météorologiques, faisant des observations régulières et fonctionnant avec des appareils identiques. Il laisse le soin à Rose et Ehrenberg de publier les résultats de l'expédition. Ce n'est qu'en 1843 que paraîtra son Asie Centrale en trois volumes.

[modifier] À Berlin

En 1852, Humboldt reçoit la médaille Copley de la Royal Society de Londres. À l'accession de Frédéric-Guillaume IV au trône de Prusse, Humboldt utilise sa fonction de chambellan et conseiller privé du roi pour l'émancipation des juifs et l'abolition du servage en Prusse. Le roi l'utilise comme encyclopédie ambulante. La popularité de Humboldt reste grande malgré les inimitiés qu'il se fait parmi les milieux réactionnaires proches du roi. En 1857, la folie qui atteint le roi permet à Humboldt d'avoir plus de temps pour ses travaux.

Humboldt meurt de mort naturelle le 6 mai 1859 et bénéficie de funérailles nationales.

[modifier] Les apports de Humboldt à la science

Les écrits sud-américains de Humboldt comprennent 30 volumes publiés sur 30 années. Ils sont composés de livres scientifiques, d'atlas, de traités de géographie et d'économie sur Cuba et le Mexique, un récit de ses voyages et un Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau Continent. Humboldt a rédigé ses écrits scientifiques en collaboration avec d'autres savants. Il dédie le volume consacré à la géologie à son ami Goethe. Durant les dernières années de sa vie, Humboldt rédige le Cosmos, résultat des cinq années de travail sur les sujets présentés lors de ses conférences. Il y décrit en cinq volumes toutes les connaissances de l'époque sur les phénomènes terrestres et célestes. Le but de cet ouvrage est de communiquer l'excitation intellectuelle et la nécessité pratique de la recherche scientifique.

Humboldt a forgé des nouvelles expressions comme isodynamiques, isothermes, isoclines, jurassique, orage magnétique. Il a jeté les bases de la géographie physique et de la géophysique, notamment de la sismologie. Il montre qu'il ne peut pas y avoir de connaissance sans expérimentation vérifiable.

C'est Humboldt qui attire l'attention des Européens sur la richesse minérale de l'Amérique du Sud.

La relation historique du Voyage aux régions équinoxiales de Humboldt inspireront de jeunes naturalistes comme Darwin, Louis Agassiz et William James.

[modifier] Divers

Le courant de Humboldt a été nommé en son honneur. Humboldt est à l'origine de nombreuses découvertes botaniques, dont le brugmansia.

Homosexuel, il est possible qu'il soit tombé amoureux du botaniste Aimé Bonpland, qui l'a accompagné lors de son expédition en Amérique latine. Havelock Ellis dans "L'inversion sexuelle" rapporte que Paul Näcke a enquêté sur le cas de Humboldt et en a tiré les "meilleurs fondements pour regarder Humboldt comme un inverti." Havelock Ellis, hétérosexuel non homophobe, est sur ce point totalement impartial. Le sexologue allemand homosexuel Magnus Hirschfeld a fait grand cas de ces témoignages collectés au début des années 1910 chez des personnes encore vivantes, ayant connu Humboldt en tant qu'acteur de la subculture homosexuelle ; l'un de ces témoignages provient du scientifique Karl Bolle, né en 1821, et lui-même homosexuel. Humboldt a réduit en cendre l'ensemble de sa correspondance privée encore en sa possession, ce qui fait qu'avant de disposer de nouveaux documents, l'on ne peut avoir de détails quant à sa vie privée. Les historiens qui en tirent la conclusion que cette dernière était inexistante font abstraction de cette perte de documents. Tout ce que l'on sait, outre les témoignages évoqués ci-dessus, est que Humboldt est resté célibataire, qu'il préférait, en règle générale, la compagnie des hommes à celle des femmes et qu'il a légué ses biens, non à des membres de sa famille, mais à son fidèle serviteur.

[modifier] Orientation bibliographique

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Friedrich Heinrich Alexander von Humboldt.

  • Jean Théodoridès (1965). Une amitié de savants au siècle dernier : Alexander von Humboldt et Achille Valenciennes. Biologie médicale, Hors série, février 1965 : cxxix p.
  • Daniel Kehlmann, Les Arpenteurs du monde, Actes Sud 2006 (titre original : Die Vermessung der Welt, 2005)

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références


Humb. est l'abréviation botanique officielle de Alexander von Humboldt.
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